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Discussion: saurait ignorer que la littérature ou la philosophie n puissent rien contre la guerre

  1. #1
    Didith Guest

    Question la paix

    J'aurai besoin de quelques pistes pour démarrer...

    voici le sujet:

    A la lumière notamment des oeuvres du programme(La Paix de Aristophane, 93 de Hugo, et Projet de Paix perpétuelle de Kant), dans quelle mesure souscrivez-vous à cette opinion, proche de celle récemment énoncée par Gil Jouanard:"on ne saurait ignorer que la littérature ou la philosophie ne puissent rien contre la guerre ou pour la paix" ?

  2. #2
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    Une piste:
    Les Mots (1964), J-P Sartre écrit:
    "Longtemps j'ai pris ma plume pour une épée: à présent, je connais notre impuissance. N'importe: je fais, je ferais des livres; il en faut cela sert tout de même."

  3. #3
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    "On ne saurait ignorer que la littérature ou la philosophie ne puissent rien contre la guerre ou pour la paix."

    Nous dirons que cette affirmation est de monsieur X. En effet, une affirmation sortie de son contexte est toujours durcie et prend souvent un petit air simplet.

    => Autrement dit, celui qui écrit contre la guerre, celui qui pense les conditions de possibilité de la paix le ferait en vain. Et s'il ne le sait pas c'est plus qu'un ignorant, c'est un menteur qui fait "comme si", pour se rendre intéressant. Mais qui cherche à se rendre intéressant? En tout cas merci pour Kant, Alain, Bergson, Levinas et bien d'autres dont se sont nourris
    nombre d'artisans de paix. C'est d'ailleurs faire litière de tous les efforts d'Aristophane qui assène trois pièces à ses contemporains pour les orienter vers la paix  => ARISTOPHANE, artisan de paix

    => L'ignorance, la confusion n'est-elle pas plutôt du côté de celui qui ne distingue pas ce qui doit être de ce qui est, qui ignore le rôle régulateur d'une idée, et qui va jusqu'à prétendre qu'une idée fondée en raison non seulement n'est pas réalisable par la volonté des hommes mais n'est qu'une figure d'un idéal de l'imagination? Au nom de ce qui est on a toujours voulu désespérer la jeunesse parce que, comme le souligne Nietzsche, le progrès vient souvent de la jeunesse. Il est vrai que les intérêts économiques sont énormes, que la guerre remplit les poches de celui qui collabore beaucoup plus que le travail et les échanges en temps de paix. Tout ce beau monde qui cherche à se blanchir affirme que la guerre est un destin (voir les marchands de guerre, les devins, les champs guerriers à la fin de la pièce d'Aristophane).

    => Cette opinion que véhicule notre affirmation péremptoire a bien sûr, comme toute erreur une part de vérité. Certes, les efforts de la littérature et de la philosophie n'ont pu contrer la guerre qui semble sans cesse renaître de ses cendres. Mais ce qui a été détermine-t-il ce qui sera?

    => Peut-on affirmer que rien n'a été fait par les Lettres et la Philosophie contre la guerre et pour la paix quand on voit que l'Europe et le projet Erasmus a jailli de Sujets nourris des Lettres et de la Philosophie. Il suffirait de projeter l'auteur de cette affirmation en 1914, au côté de Jaurès ou en 1939 lors de la représentation de La paix d'Aristophane et de le faire revenir à
    notre époque pour qu'il s'exclame: Que les temps sont changés!, en regardant l'Europe se construire.

    Or c'est la philosophie qui a guidé cette construction en particulier grâce à la pensée de Jung: il s'agissait d'étendre, d'élargir la générosité restreinte qui pousse à s'occuper de soi et des siens. Il fallait créer des Européens sans pour cela faire disparaître la richesse et la diversité des nations. Et cette route largement balisée par le projet de paix perpétuelle de Kant a guidé les artisans de paix qu'ont été, en premier De Gaule et Adenauer
    ... Que dire de Victor Hugo qui, au coeur de la guerre pense la naissance d'artisans de paix par une conversion dont l'effet est d'orienter différemment la force des guerriers. Ceci sera repris et élargi par Junger à la suite de l'expérience du front.

    => Bien sûr, un auteur contemporain (Sartre) a douté des mots, de leur pouvoir car son idéologie ne passait pas. Mais pourquoi continue-t-il alors à écrire. Les Mots (1964), J-P Sartre écrit:

    Longtemps j'ai pris ma plume pour une épée: à présent, je connais notre impuissance. N'importe: je fais, je ferais des livres; il en faut cela sert tout de même."

    Or, un regard rétrospectif  ne peut être que plein de reconnaissance que pour ce qui, par leurs écrits et leur pensée ont rendu possible note marche quotidienne vers plus de paix, nous ont fait comprendre était d'abord une manière d'être informé.

    => La lenteur de la marche n'est-elle pas due à ceux qui ne veulent pas, en dépit de leurs protestations, populariser la philosophie, car la paix pour être réalisée, exige, Aristophane le montre avec éclat, d'être voulue par tous.

    C'est la violence qui a fait taire Jaurès et non l'impuissance des mots.

    => Alors, on ne saurait ignorer que la paix devra tout à la pensée car une idée doit d'abord être pensée. La paix n'exige-t-elle pas en effet une prise de conscience d'un idéal de la raison qui peut, si nous le voulons, servir de règle à l'action et de fil directeur à l'histoire? 

    Si le sujet donné avait pour simple but de faire apparaître la difficulté de réaliser la paix, il serait formulé de manière autre.

    Mais s'il a pour but de faire désespérer des Lettres et de la Philosophie, dans leur capacité à améliorer lentement mais sûrement le sort de tous chaque fois que tous seront entraînés, c'est une affirmation qui appelle l'indignation qu'avait Epicure envers ceux qui osaient venir défendre le suicide devant la belle jeunesse qui écoutait le maître.

    D'ailleurs que nous dit la philosophie en ce besoin?

    "Travailler à la paix difficile relève alors de ce que Scheler appelle, à la dernière page de L'Idée de paix, "L'héroïsme calme, sans bruit, de la vie quotidienne." La paix, Mai Lequan, G/F Flammarion, corpus , page 43.

    http://www.philagora.net/ph-prepa/la-paix/index.php

    http://www.philagora.net/citations/paix.php
    et http://www.philagora.net/citations/paix2.php 

     © Joseph Llapasset


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