Bac 2018: Que gagnons-nous à travailler?
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Discussion: Bac 2018: Que gagnons-nous à travailler?

  1. #1
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    Par défaut Bac 2018: Que gagnons-nous à travailler?

    . Attention: tout effort de distinction des concepts valorise une copie


    gagner: s'assurer un profit matériel mais aussi acquérir, retirer de, conquérir...
    travailler: on peut distinguer la forme idéale du travail et ses formes sociales. Voir le cours sur le travail, les formes sociales du travail

    Vers le problème:

    - Réflexion possible. Tout gain a un prix, si le prix est plus important que le gain, en réalité on perd. Pensez au travail aliéné, inventé, organisé par un autre et profitant à un autre...
    Si on perd sa liberté en travaillant, comme être raisonnable sensiblement affecté, on perd tout.

    Pour une introduction: point de départ: l'opinion qui ne pense pas. D'une part on gagne un salaire qui arrive à la fin du mois par exemple. Le reste est un sacrifice de tous les appétits. On s'y traîne le lundi matin. Ce qui prouve pour l'opinion qu'on ne gagne rien à travailler, rien d'autre que la satisfaction de recevoir un salaire, c'est que si on gagne au Loto, on ira narguer le patron: la publicité relève elle aussi de l'opinion quand elle nous présente le gagnant en chemise et en culotte courte qui, tel un enfant dépourvu de raison jette à l'eau son emploi.
    Un peu de réflexion nous amène à mettre en question l'opinion: peut-on renoncer à ce qui nous humanise sans perdre une perdre une part de notre humanité. Voir le texte de Bataille: travail et morale

    Quelques pistes:
    = Travailler pour se libérer de l'oppression exercée par la nature (donné naturel extérieur), et du donné naturel intérieur que chacun porte en lui, qui est source de caprice et de passion.
    = Travailler pour gagner sa vie? (penser à la liberté économique: si je n'ai pas de quoi payer le prix de mon déplacement, je reste chez moi, malgré moi.
    = Travailler pour gagner sa dignité et exercer l'échange grâce auquel chacun se reconnaît en se faisant reconnaître. Penser à Hegel la conscience de soi entre, dans l'oeuvre, dans l'élément de la permanence. Ainsi elle se prouve à elle même sa dignité et elle la prouve aux autres qui peuvent accéder à l'oeuvre.

    En résumé:
    = le travail est une nécessité: renoncer au travail ne serait-ce pas renoncer à soi même. En effet refuser le travail serait refuser:
    sa dignité: en effet le travail définit l'homme comme celui qui refuse le donné intérieur (animalité) et le donné extérieur (la nature).
    sa raison de vivre: parce que le travail est une activité qui produit une oeuvre: en quoi l'œuvre est-elle raison de vivre humainement?
    la conscience de soi: le travail ne fait-il pas entrer dans l'élément de la permanence la conscience de soi: elle s'extériorise pour ainsi dire. Le travail forme l'homme qui par lui accède à lui même et à la liberté.
    ILs auront le Bac. le Bac...
    Elle,il va s'éloigner...Pi de panique, pas de panique nous dit Héraclite...

    Elle va partir, il va partir: que lui dire ? Que leur dirait Héraclite?
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    A partir des " erreurs fatales " régulièrement relevées:
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    A revoir régulièrement.
    Joseph









    Joseph
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    http://www.philagora.net/dissert2/respecter-lois.php

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  2. #2
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    " Le travail éloigne de nous trois grands vices:l'ennui, le besoin et le vice." Candide. Voltaire


    Cette citation est extraite de Candide de Voltaire (conte philosophique), je l'ai étudié l'an dernier.
    C'est plus précisément les paroles d'un vieillard rencontré par Candide à la fin du dernier chapitre : en effet, il ne s'occupe pas de la politique et du déroulement du monde extérieur mais uniquement de son jardin et de sa famille. Selon lui le travail (ici le jardinnage) évite l'ennui (car cela accupe tt son tps et demande une attention et un soin particulier), le besoin (car il produit lui même ce dnot il a besoin où se rend éventuellement au marché pour vendre ses fruits et légumes et acheter d'autres produits dont sa famille a besoin) et le vice (puisqu'il n'a rien n'a envié à personne et n'est pas tenté de dérober les biens d'autrui ou de commettre un autre vice, il a tt ce qu'il lui faut pour être heureux : famille, nourriture, occupation, bonheur...). Suite à cette rencontre, Candide en tire une leçon, il va mettre au travail les habitants de sa métairie (lui et ses amis habitent une petite proprièté) et conclue le livre par la phrase : il faut cultiver notre jardin (en plus du jardin physique, on peut penser au jardin culturel, à l'esprit de chacun et y voir une allusion au paradis car c'est aussi un roman de quête amoureuse)
    ILs auront le Bac. le Bac...
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  3. #3
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    Pour une introduction:

    a) L'opinion
    Elle affirme affirme que le travail a pour conséquence la perte de la liberté. Dire "travail"c'est voir se profiler sur le malheureux prolétaire le dur labeur mal payé, la souffrance ; sans même parler du travail à achaine qui enchaîne le travailleur à sa place,comme ces travaux forcés qui enchaînaient des malheureux à un boulet.
    Dans le lointain mai 68, on entendait ce refrain:""Ne pas perdre sa vie à la gagner."

    b) objection:
    Cependant le travail apparaît aussi comme une activité qui produit quelque chose de profitable en transformant. la nature. extérieure et même notre humanité en nos permettant de maîtriser nos impulsions. On gagnerait notre humanité à travailler.

    c) Le problème: Comment concilier les deux activités : un travail qui déshumanise et un travail qui humanise?

    Conseil: Pour ne pas juxtaposer deux parties (a ) Rien. b) Tout vous pouvez distinguer
    I) Le travail aliéné (inventé par un autre que le travailleur, qui est organisé par un autre, et...qui profite à un autre)
    Le processus idéal du travail.
    II)
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  4. #4
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    I)Les formes sociales du travail.Le travail aliéné . Fait par un autre ,qui profite à une autre.

    Si l'individu dans le travail qui lui est proposé est privé d'un ou plusieurs éléments du processus, il est en même temps privé de la liberté et de l'intelligence que manifestait cet élément. On comprend que des formes "tronquées" du travail peuvent être source de déshumanisation et d'aliénation?

    Origine du travail aliéné: ce n'est plus le désir, la liberté, c'est le besoin, la nécessité, la faim.
    Si l'homme vend sa force de travail, il s'en dépossède et renonce au désir puisqu'il renonce à ce qui pourrait réaliser son désir: il est asservi à la satisfaction des besoins, après le travail, grâce au salaire. En vendant sa force de travail pour un salaire qui lui permettra de se nourrir et de recommencer, l'individu se soumet à ses appétits, à ses besoins, à la nécessité d'une nature: se nourrir.


    La division du travail, la répartition des tâches, puis la décomposition des tâches en éléments simples, singe le mécanisme naturel, le déterminisme, un enchaînement de causes et d'effets avec pour conséquence de confisquer à l'individu le pouvoir d'inventer.
    La première figure du travail aliéné c'est qu'il est inventé par un autre, avec l'exclusion de l'initiative, de l'imagination, de l'usage de la raison.

    La réalisation devient pour lui simple organisation du travail par un autre, deuxième figure du travail aliéné, ce qui marque l'asservissement de la tâche: enchaînement de gestes devant un tapis roulant, monotonie, lutte perpétuelle et épuisante pour faire attention malgré l'habitude et l'ennui: caissières surveillées par la machine qui exige que tant de produits soient "passés" à la minute, marquent bien la disparition de l'initiative, de l'intelligence, comme si l'individu n'était plus qu'un objet naturel qui suivrait des lois.

    Quant au produit, il sera payé selon la quantité de travail faite par l'ouvrier. C'est la troisième figure du travail aliéné, le produit profite à un autre. On lui expliquera, dans le meilleur des cas, qu'il est impossible de lui donner la part de l'inventeur, celle de l'organisateur, celle du propriétaire des moyens de production etc... Reste, après toutes ces soustractions, à lui payer ce geste machinal que n'importe qui pourrait d'ailleurs faire à sa place avec à l'horizon son remplacement par une machine asservie à une intelligence artificielle.
    Autant dire que le travail aliéné, creusant sa propre tombe, disparaîtra.
    Progrès quantitatifs nécessaires, amélioration des conditions de vie de tous, disparition des famines dans le monde du travail, tout cela, dont on ne peut contester la valeur, a eu pour prix l'émiettement du travail car courir d'une tâche à l'autre c'est une grande perte de temps.
    C'est dire que la division ou mieux la séparation du travail intellectuel et du travail manuel, avec pour conséquence l'aliénation du travailleur manuel, a été le prix du progrès.
    Mais qui déplore la disparition d'un tel travail?
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    II) Par le travail nous gagnons notre humanité, la reconnaissance des autres,. Le gain du travail c'est donc la socialisation.


    Le travail est, d'abord, un processus: un ensemble d'éléments qui s'enchaînent parce qu'ils sont organisés pour la production d'un monde humain, la transformation d'une nature, d'un milieu donné. Suivons ce processus, du désir, de l'invention d'une forme, de la réalisation, de l'apparition d'un produit, et marquons ce qu'il signifie: l'expression de la liberté et de l'intelligence de l'homme.

    L'origine du travail c'est l'individu qui exerce sa liberté comme pouvoir de dire non au milieu donné, de nier la présence, et d'exiger que ce qui est absent devienne présent, de dire oui à ce qui n'est pas encore: ce manque éprouvé c'est le désir dans lequel la liberté de l'individu se pose, par lequel l'individu se transforme en sujet, en projet, en capacité de choisir une fin dans laquelle il se reconnaîtra. Alors que, devant la sécheresse, l'animal fuit vers un lointain point d'eau où l'attendent ses prédateurs, l'homme reste, refuse le milieu et le transforme selon son désir, en amenant l'eau là où il est, par un travail, par exemple un aqueduc.

    L'invention d'une forme. Besoin et désir se conjuguent pour arracher l'homme à sa paresse naturelle: imagination et raison, pouvoir d'évoquer ce qui est absent et pouvoir de relier pour créer, s'accordent dans l'invention d'une forme: c'est avoir une idée comme forme intellectuelle d'un objet: concevoir ce qu'on ne voit pas.
    Par cette représentation mentale d'une forme qu'il a créée, l'homme se distingue de l'abeille qui suit machinalement un programme, un instinct. C'est ainsi que, selon la profonde remarque de Marx, l'architecte le plus mauvais a construit la cellule dans sa tête. En inventant une forme qui est le moyen d'une fin l'individu manifeste sa liberté et son intelligence comme capacité de trouver ou d'inventer les moyens d'une fin.

    La réalisation. c'est l'action de projeter, de réaliser à l'extérieur la forme mentale intérieure. Dans la réalisation l'individu nie à la fois le donné naturel intérieur (les appétits, les distractions...), puisqu'il se maîtrise en faisant attention, et le donné naturel extérieur, cette nature qu'il transforme en monde du désir. Par l'attention, il éprouve et prouve son "pouvoir moral"et par la production des outils il utilise son intelligence, l'outil étant un moyen, un médiateur entre lui et la nature.
    Étant à la source du rythme de son action il échappe à l'immédiat et accède à la conscience réfléchie.

    Le produit. Enfin, l'apparition de la forme, le produit du travail marque la fin du travail, de ce processus par lequel la conscience de soi s'est projetée dans l'élément de la permanence. En effet, dans son produit, l'homme découvre son humanité puisque le produit se révèle universel, tourné vers tous, utilisable par tout être humain: l'homme y reconnaît sa liberté comme pouvoir de marquer la nature du sceau de son humanité: il s'éprouve, rétrospectivement, comme une force éclairée par l'intelligence et l'invention, comme une origine et comme une liberté.

    Concluons deuxième partie en affirmant que le processus du travail libère du donné naturel intérieur ou extérieur en le niant, qu'il est source d'humanité car il crée un monde commun fondement de l'intersubjectivité, des produits utilisables par tous à l'origine d'échanges, de relations: il exige des recherches, des inventions, des expérimentations, une culture produite puis enseignée.
    Mais où trouver cette forme idéale dans une société où le travail est en miettes?


    III) Où trouver cette forme idéale du travail?



    . L

    La negation de la nature (G. Bataille)"Je pose en principe un fait peu contestable: que l'homme est l'animal qui n'accepte pas simplement le donné naturel, qui le nie. Il change ainsi le monde extérieur naturel, il en tire des outils et des objets fabriqués qui composent un monde nouveau, le monde humain. L'homme parallèlement se nie lui-même, il s'éduque, il refuse par exemple de donner à la satisfaction de ses besoins animaux ce cours libre, auquel l'animal n'apporte pas de réserve. Il est nécessaire encore d'accorder que les deux négations que, d'une part, l'homme fait du monde donné et, d'autre part, de sa propre animalité, sont liées. Il ne nous appartient pas de donner une priorité à l'une ou à l'autre, de chercher si l'éducation (qui apparaît sous la forme des interdits religieux) est la conséquence du travail, ou le travail la conséquence d'une mutation morale. Mais en tant qu'il y a homme, il y a d'une part travail et de l'autre négation par interdits de l'animalité de l'homme." Georges Bataille, L'érotisme, 10/18.
    ILs auront le Bac. le Bac...
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