Croyance et mensonge. Le plan. Niveau prépas
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Discussion: Croyance et mensonge. Le plan. Niveau prépas

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  1. #1
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    Par défaut Croyance et mensonge. Le plan. Niveau prépas

    En préparation
    Niveau prépas


    A bientôt
    De quel amour blessée...
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    Bonnes rentrée à toutes et à tous
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    Une dissertation de Charles Pépin,rédigée.

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  2. #2
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    A ) Préalable: Le mensonges-il préférable à la vérité qui blesse?

    L'opinion qui ne pense pas et qui aime qu'on affirme ce qui plaît à ses désirs répondrait "non"au sujet.

    Mais, à la réflexion....

    Mentir consiste à dire en toute conscience ce qui n'est pas la vérité

    Efficace = qui produit l'effet escompté, par exemple rassurer

    Préférable: on ne vous parle pas sur le plan moral mais sur le plan de l'effet pratique. Qu'est-ce qu'il faut préférer: rassurer au prix d'un mensonge ou angoisser en disant ce qui nous semble être la vérité?

    Vérité: un discours qui correspond à ce qui est, à la réalité

    Angoissante= qui provoque un sentiment de profond malaise devant l'imminence d'un danger auquel on ne pourra échapper, sans que le danger soit nettement défini comme dans la peur d'un lion dans la rue.
    Ce sentiment peut s'accompagner de découragement ou au contraire exalter les puissances créatrices d'un être raisonnable sensiblement affecté...

    Comment savoir l'effet de la vérité sur une personne ? Luttera-t-elle ou se préparera-t-elle si elle n'est pas informée sur son état?

    Vous pouvez pour la recherche des idées faire varier les plans: médical, pédagogique, politique....

    Par exemple pour un médecin parlant à un patient vaut-il mieux mentir pour le rassurer ou vaut-il mieux le plonger dans l'angoisse en ne lui cachant pas la vérité sur son état si le pronostic vital est engagé?

    Ou encore pour un professeur; va-t-il mentir à un étudiant sur ses possibilités d'obtenir un succès ou va-t-il lui asséner la vérité? Qu'est-ce qui sera à long terme le plus efficace, le mensonge qui rassure ou la vérité qui dérange?

    => Vous avez à étudier les effets de l'angoisse qui galvanise la liberté

    => Vous pouvez distinguer le simplement utile ( efficacité) et le vraiment utile (ce qui importe)
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  3. #3
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    B). La croyance est-elle indéracinable?
    Lucrèce: De natura rerum
    … "Si l'esprit n'est pas soumis lui même dans tous ses actes à une fatalité interne, et obligé d'en supporter le joug c'est l'effet de cette petite déclinaison des atomes exempte de toute règle de lieu et de temps." (Livre II)

    ... "C'est ici bas que la vie des sots devient un véritable enfer.... Tous les châtiments que la tradition place dans les profondeur du fleuve des enfers, tous, quels qu'ils soient, c'est dans notre vie qu'on les trouve." (Livre III)

    ... "Que font les hommes dans l'aveuglement de la passion? Ils attribuent à l'objet de leur amour des mérites qu'il n'a pas."
    "Prétendre que c'est pour les hommes que les dieux ont voulu préparer le monde, c'est pure déraison." (Livre IV)

    ... "O race infortunée des hommes, d'avoir attribué aux dieux de tels effets, et de leur avoir prêté en outre des colères cruelles ! Que de gémissements vous êtes-vous alors préparés à vous-mêmes, que de plaies pour nous, que de larmes pour nos descendants! ... Enfin quand sous nos pieds la terre vacille tout entière, quand les villes ébranlées s'écroulent, ou chancellent et menacent ruine, est-il surprenant que les mortels s'humilient, et laissent subsister dans l'univers des puissances supérieures, des forces surnaturelles et divines, capables de gouverner toutes choses?" (Livre V)




    Dans le De natura rerum (= de la nature de choses) Lucrèce met en vers des aspects de la pensée d'Epicure en composant une fresque pleine de majesté. Il s'agit à la fois de libérer l'homme des terreurs qui l'habitent et de l'amener à vivre en harmonie avec la nature.
    La fin c'est l'ataraxie comme absence de troubles de l'âme et le moyen ne peut , aux yeux de l'auteur, être autre que la connaissance de la nature des choses, c'est à dire la reconnaissance du matérialisme qui seul lui semble purifié de toute croyance.
    C'est que la croyance est en effet source de craintes et de terreurs. Au lieu de s'en tenir à l'enchaînement des causes et des effets, l'homme imagine des causes finales qui sont le produit d'une erreur de raisonnement: comment peut-on mettre la cause après l'effet? Autant dire que la croyance met en premier ce qui est en dernier (première partie du Livre IV). Détruire la possibilité de la croyance aux causes finales c'est du même coup détruire la croyance en la Providence ou action des dieux qui auraient aurait des exigences sur ce que l'homme doit faire ou ne pas faire:des dieux avec des désirs!

    => Lucrèce se rend bien compte qu'un problème subsiste, celui de la liberté: il tente de concilier le déterminisme matérialiste avec la liberté: comme le supérieur ne peut jaillir mécaniquement de l'inférieur il est obligé de mettre la liberté dans la matière et donc de doter l'univers entier (et non plus simplement l'homme) d'une sorte de liberté diffuse.
    Comment s'y prend-il?

    D'une part il affirme que liberté et volonté peuvent se comprendre comme une sorte de spontanéité, d'initiative d'un individu indécomposable. Or, d'autre part, une sorte de spontanéité doit nécessairement être attachée à chaque atome indécomposable: les atomes tombent: sans initiative ils tomberaient en ligne droite, ils ne se rencontreraient jamais et rien d'autre n'arriverait puisque, aucune composition n'est possible entre ce qui est parallèle. Si les atomes se rencontrent c'est qu'ils possèdent une "déclinaison" ou clinamen qui leur donne une capacité d'initiative et fait qu'ils se rencontrent: c'est l'origine du monde. Chez l'homme la considération de ce mouvement des atomes permet d'expliquer la "volonté" qui est capable de rompre l'enchaînement des causes et des effets (ce qui serait un pur mécanisme, un destin).
    En conséquence, la liberté loin d'être le privilège de l'homme est partout en germe dans la nature des choses puisqu'elle est indissociable de l'initiative des atomes, qui rendent possible la liberté.

    => On voit bien que le matérialisme de Lucrèce est un réductionnisme qui prétend se passer de toute forme de croyance et des mythes qui sont inutiles et vains. Ce qui est inutile peut disparaître sans qu'il résulte de cette disparition un quelconque dommage.
    Notons que si la croyance est engendrée par les passions humaines, à son tour la croyance engendre des terreurs humaines. De ce cercle de malheurs la philosophie peut nous sortir à la condition qu'on ne cesse pas de philosopher; (à tous les âges, disait Epicure). Car comme l'hydre la croyance ne cesse de renaître pour peu que le raisonnement vigilant cesse de s'exercer ce qui laisse le champ libre à la prolifération des opinions qui ne sont que des formes de croyances.
    Ce que le raisonnement vigilant révèle c'est qu'il n'y a pas de causalité divine, qu'il n'y a pas de projet divin pour l'homme, ce qui laisse toute la place nécessaire à une autonomie de l'homme qui accède à la pensée et à la connaissance de la nature des choses.

    => Diderot et la plupart des maîtres du siècle des lumières ont lu le De natura rerum et s'en sont largement inspiré. On retrouve chez eux, et en particulier chez Diderot la même contradiction: Lucrèce a toutes les raisons d'abandonner la croyance aux dieux mais il commence son oeuvre par un hymne à Vénus! De même Diderot n'abandonnera jamais le déisme qu'il associe aux lumières. Pour lever cette contradiction il faut peut-être revenir à Epicure qui distingue les dieux de la foule et les dieux,vivants immortels et bienheureux qui doivent être des modèles pour l'homme. Il s'agit moins de débarrasser le lecteur de la croyance en Dieu que de le débarrasser de la croyance aux dieux de la foule qui, à l'image des désirs, sont des tyrans.

    Ces quelques remarques voudraient vous inciter à revenir sur le texte, en particulier au Livre V qui brosse un tableau de l'évolution articulé sur le concept de sélection naturelle.
    Le problème qui reste donc en suspend me semble être le suivant: comment se débarrasser de la croyance sans la remplacer par une autre croyance. L'incroyant "pur" existe-t-il?

    Joseph
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  4. #4
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    Mise à niveau:


    Vérité et croyance.
    On oppose souvent vérité et croyance dans la mesure où la vérité exige la clarté, la cohérence, un caractère d'objectivité: elle est partagée par tous grâce à des démonstrations et à des preuves. Montaigne écrit que la vérité doit avoir un visage pareil (ne pas changer dans le temps) et universel (être partagée par tous). En opposition à cela, chacun revendique le droit d'avoir des croyances particulières, d'avoir accès à une vérité du cœur qui n'exige ni preuve ni démonstration. Après tout un sentiment s'éprouve et ne se prouve pas par autre chose que lui: il est sa propre preuve. Le problème revient à demander si la vérité n'est pas elle même une croyance, la croyance à une valeur. Pourquoi voulons-nous la vérité? Cela exige-t-il le dépassement de toute croyance au risque de perdre la possibilité de rechercher la vérité elle-même= problème.

    Idée = En effet, la vérité est une idée, un horizon, un idéal qu'on poursuit en faisant des enquêtes pour produire des affirmations de mieux en mieux justifiées. C'est plus un principe régulateur qui permet un perfectionnement continu de nos concepts qu'une réalité que l'on pourrait posséder. L'ambiance de la science n'est-elle pas le provisoire? Quant aux certitudes du cœur, elles ne sont justifiées que pour celui qui les éprouve, ce qui ne leur donne pas un caractère d'objectivité.

    Correspondance = La définition de la vérité comme l'accord entre un discours et la réalité est une définition parfaite pour des êtres parfaits. Si une connaissance est parfaitement ajustée à la réalité, il est bien évident que toute croyance est exclue de cette connaissance. Mais encore faudrait-il atteindre directement la réalité. Kant nous a dit qu'une connaissance doit être ajustée à son objet: or l'objet n'est la réalité. C'est une construction dans laquelle le sujet ne retrouve que ce qu'il y a mis. Dans ces conditions la définition de la vérité comme adéquation de la chose et de l'esprit, correspondance, n'est pas pour nous êtres raisonnables sensiblement affectés. De ce fait, nous ne pouvons exclure la croyance de notre connaissance.

    Cohérence = L'admiration pour la rigueur des enchaînements dans un discours, des déductions en géométrie , a été très grande. Est-ce à dire que la cohérence assurée par la tautologie (d'un élément à l'autre, on dit la même chose, ce qui permet de descendre des définitions à ce qu'on veut démontrer) marque le triomphe de la vérité et l'exclusion de la croyance. Ce serait oublier que tout raisonnement mathématique s'appuie sur des axiomatiques, des sortes de postulat qu'il faut admettre sans démonstration comme le remarque Platon dans votre texte d'oral. D'autre part un discours cohérent ne correspond pas toujours à l'expérience, à ce qui se passe. Enfin, un tel discours doit sa cohérence et son universalité à l'exclusion des particularités.
    En conséquence, il est impossible de dire que la cohérence exclut la croyance puisqu'elle s'appuie sur elle comme un point de départ du raisonnement déductif, et l'apparente exclusion de la croyance au cours de la déduction vient tout simplement de ce qu'elle ne sait plus de quoi elle parle (X ou Y ...)

    Obstacles = Bien souvent les croyances sont des obstacles à la recherche de la vérité. en effet: celui qui croit savoir pourquoi voulez-vous qu'il cherche?

    Opinion. Affirmation provisoire. Foi = Un effort de distinction s'impose:

    a) Tout d'abord prenons le cas de la crédulité ou de l'opinion qui transforme ses désirs en connaissance (revoir Bachelard) : c'est toujours un obstacle parce que, celui qui croit à ce qu'il entend et à ce qu'il voit, croit en fait à des représentations sensibles, à sa conscience immédiate: je vois le ponde tel que je suis comme si la vérité était donnée. (Par exemple, je l'ai vu 10 fois cette année, je le connais).
    En ce sens, l'opinion est toujours un obstacle à la recherche de la vérité.
    b) La croyance peut être une affirmation provisoire: c'est alors une croyance reconnue par la raison: ce n'est plus une évidence, une vérité. C'est une hypothèse dont le caractère hypothétique est reconnu. Cette affirmation provisoire devient une étape de la connaissance, d'une sorte de marche asymptotique vers la vérité: si je suppose ( je crois provisoirement) que la lumière est formée d'ondes, je crois pouvoir produire des interférences avec la lumière. Une telle croyance, habitée par le doute, me permet de construire une expérimentation. C'est un chemin que l'on emprunte toujours prêt à abandonner l'affirmation provisoire , s'il y a une contrainte expérimentale.
    c) La foi, c'est un engagement personnel qui fait exister pour nous une personne à qui on reconnaît une valeur: c'est un engagement de quelqu'UN. Cet engagement, paradoxalement, se nourrit de doutes, c'est une croyance reconnue mais les doutes sont dépassés par la volonté du sujet. L'engagement s'appuie sur une expérience subjective vécue: une transformation que l'on attribue à la personne en qui on croit. La foi est une orientation consciente vers la vérité, un engagement d'une existence. C'est donc de la vérité d'une existence qu'il s'agit.
    Il y a des croyances dans toute conduite humaine et jusque dans les conduites rationnelles. Mais l'objet de la croyance diffère selon le plan de la connaissance et de l'existence.

    Rapports = La recherche de la vérité n'exclut qu'une forme de croyance, la crédulité de l'opinion, mais, cette forme de croyance n'est même pas une croyance puisqu'elle est immédiate et que dans la croyance, il y a toujours un consentement du sujet conscient de prendre un risque que ce soit le risque du chercheur ou le risque impliqué par toute vie humaine. C'est que la recherche de la vérité est un mouvement dans une région sans sentier, un cheminement. L'athée et le croyant reconnaîtront en ce sens que l'homme est le pèlerin de l'absolu qui chemine dans le relatif (vérité et croyance).

    Conclusion

    Bien distinguer la croyance vécue comme une passion de la croyance "action" reconnue par un examen critique. Dans le deuxième cas la croyance reconnue est un tremplin pour un dépassement. (Utiliser la distinction avoir conscience et prendre conscience).


    => cours du Hibou
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