Derrida dans le rap?
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Discussion: Derrida dans le rap?

  1. #1
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    Par défaut Derrida dans le rap?

    Victoria s'étonne de l’entendre chez un rappeur et me demande si Derrida est "un philosophe pour Terminales."
    Je vais lui répondre.
    Pour situer ce philosophe, je vous donne la réaction de l'équipe de Philagora en 2001.

    En 2001 sa disparition nous avait frappé:
    Effectivement c'est une grande perte.

    Derrida reste cependant parmi nous et continue à nous accompagner grâce à son oeuvre qui témoigne de beaucoup d'honnêteté et d'un engagement tout à son honneur.

    Il faisait partie du comité scientifique de la revue Prétentaine, revue animée par J-M Brohm, revue avec laquelle Philagora était lié d'amitié.
    C'est ainsi que nous avons sur Philagora Les devoirs de notre communauté de Derrida
    http://www.philagora.net/philo-fac/derrida.php

    Si on le considère comme le père des déconstructeurs, il ne faut pas oublier Schopenhauer et Nietzsche. Il a toujours affirmé avec force que la tradition philosophique était incontournable pour celui qui voulait penser et avancer.

    Une fois de plus, Philagora et son équipe sont atteints par cette disparition."
    J and J

    A partir des " erreurs fatales " régulièrement relevées:

    http://forum.philagora.net/showthrea...-r%E8gles-d-or.
    A revoir régulièrement.
    Joseph









    Joseph
    Moteur de recherche sur Philagora Réparé ,merci à John Lionnet !
    http://www.philagora.net/cgi/pg-recherchepro.cgi


    Une dissertation de Charles Pépin,rédigée.

    http://www.philagora.net/dissert2/respecter-lois.php

    l].


  2. #2
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    Par défaut

    Bonjour
    Un terminales peut très bien lire et s'inspirer de nombreux passages d'un livre de Derrida paru en 1972.(à chercher dans une BU) Mais du sens de l'oeuvre, j'en doute.
    Il semble que Derrida convienne mieux à la Fac. .

    Par contre Il me semble que le rappeur dit quelque chose comme Derrida, je déconstruis....
    Cela n'a rien d'exceptionnel et convient bien à l'esprit du rap.

    a)Je reviens de suite au philosophe Derrida.


    Pour comprendre la déconstruction il est bon de s'attarder sur Nietzsche. Cet auteur de "Aurôre" résume lui-même l'oeuvre:
    ce résumé de l'oeuvre donné par Nietzsche lui même en 1886 devrait vous aider


    "- Alors j'entrepris quelque chose qui ne pouvait être l'affaire de tout le monde :
    je descendis dans les profondeurs : je me mis à percer le fond, je commençai à examiner et à saper une vieille confiance, sur quoi, depuis quelques milliers d'années, nous autres philosophes, nous avons l'habitude de construire, comme sur le terrain le plus solide, - et de reconstruire toujours, quoique jusqu'à présent chaque construction se soit effondrée : je commençai
    à saper notre confiance en la morale. [...] En nous s'accomplit, pour le cas où vous désireriez une formule, - l’auto dépassement de la morale." ( Le dépassement de la morale par elle-même).

    Percer le fond, saper une confiance,dépasser = champ lexical de la déconstruction
    Par exemple : Question qui ouvre le "sapement" et la déconstruction de ce qui a été construit: :
    Le fondement de la science est-il fondé?

    Attention: ce texte est une liqueur à 99 degré...On y lit: ""C'est par la démence que les plus grands biens sont advenus à la Grèce », disait Platon avec toute l'humanité antique. Faisons un pas de plus : tous les hommes supérieurs qui se sentirent irrésistiblement poussés à briser le joug d'une moralité quelconque et à instaurer de nouvelles lois n'eurent pas d'autre solution, s'ils n'étaient pas réellement déments, que de se rendre déments ou de se donner pour tels - et cela vaut pour les novateurs dans tous les domaines, et non pas seulement celui des institutions sacerdotales et politiques: - même l'inventeur du mètre poétique dut se faire accréditer par la démence."
    . Dans tous les cas il s'agit de mettre en question le concept.
    Derrida prend comme objet à déconstruire le sujet et singulièrement le moi. Le moi n'est pas une origine mais le résultat d'une construction , mais d'une série d'effets produits par des signes qui ne prennent leur sens que des différences. C'est dire que le moi est construit et peut donc être déconstruit. Par exemple la suite "Le moi,le monde, Dieu n'est qu'une clôture construite en vue d'intérêts et dont il faut sortir.
    Comprenons que de tels concepts sont autant de mystification dont il faut se libérer en mettant en pleine lumière l'archéologie (le passé de construction , l'histoire en quelque sorte d'une mystification.)
    Nous commençons par croire que le concept rassemble: l'arbre ,tous les arbres, le moi tous les "moi", etc... En réalité il disperse . Ce que le concept rassemble ce sont des thèmes mais sur un fonds de polysémie qui défie la raison et la nargue dans le contradictoire...
    L'ambition de rassemble dans une totalité doit en conséquence être abandonnée et donc le projet de constituer une vérité dans une totalité car il y aura toujours autre chose (= il faut abandonner l'idée même de totalité, sa possibilité même!)



    A suivre

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    Joseph









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  3. #3
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    Par défaut

    Le pli et le genre.
    Ce texte de Derrida va nous aider:
    Considérons le concept le plus général de genre, dans le
    trait minimal qui le constitue en permanence à travers toute
    la variété de ses types et tous les régimes de son histoire : il
    se fend et se défend de toute son énergie contre une opposition
    simple et survenue de la nature et de l'histoire, comme de la
    nature et de tous ses autres (tekhnè, nomos, thesis, puis esprit,
    société, liberté, histoire, etc.). Entre la physis et ses autres, le
    genos situe certainement l'un des lieux privilégiés du procès et
    y concentre à n'en pas douter la plus grande obscurité. On
    n'a pas besoin de mobiliser l'étymologie pour cela et on peut
    aussi bien entendre genos comme naissance, et naissance autant
    comme puissance généreuse de l'engendrement ou de la génération
    - physis précisément - que comme race, appartenance
    familiale, selon la généalogie classificatoire ou la classe, la classe
    d'âge (génération) ou la classe sociale. Rien d'étonnant à ce
    que, dans la nature et dans l'art, le genre, concept par essence
    classificatoire et généalogico-taxinomique, engendre lui-même
    tant de vertiges classificatoires quand il s'agit de le classer luimême
    et de situer, dans un ensemble, le principe ou l'instrument
    classificatoire. Comme la classe elle-même, le principe
    du genre est inclassable, il sonne le glas du glas, autrement
    dit du classicum, de ce qui permet d'appeler (calare) les ordres
    et de ranger les multiplicités dans une nomenclature. Genos indique donc le lieu, le moment ou jamais de la méditation
    la plus nécessaire sur le « pli » - qui n'est pas plus historique
    que naturel au sens classique de ces deux termes - qui rapporte le
    phuein à lui-même. Le phuein se rapporte à lui-même à
    travers des autres qui ne lui reviennent peut-être plus selon la
    logique décidante, critique, oppositionnelle, voire dialectique
    qui aura fait époque mais selon le trait d'un tout autre contrat.
    En droit, cette méditation est un préalable absolu sans lequel
    une mise en perspective historique aura toujours du mal à se
    légitimer.
    (Derrida, Parages, p. 258-9)

    Le projet de Derrida dans ce texte: déconstruire le pli
    Déconstruire le pli: mettre en question le concept de pli en montrant que qu'il disperse plus qu'il ne rassemble, ce n'est donc pas un concept . Il s'agit de récuser l'emploi du concept qui voudrait déplier la métaphore poétique, ( Mallarmé est un cérébral) tout en rendant justice au concept qui effectivement rassemble des thèmes ( le blanc, l'azur....) mais sur un fond de polysémie défiant l'entendement : se bousculant dans l'inclassable et le contradictoire que veut masquer le rationnel qui marque tout ce qui ne lui est pas conforme du terme de "fous". Quoi, ce sont des fous,( Descartes) il faut les enfermer .
    L'ambition de rassembler ( par exemple: Le MOI,Le Monde, Dieu)serait donc pour l'auteur fruit d'un aveuglement au point qu'il faudrait abandonner le projet de constituer une totalité qui serait vérité.Il y a toujours autre chose en dehors de ce qu'on croit être totalité, de ce qu'on croit être vérité.
    D'ou les ver tiges de ceux qui sentent vaciller le socle des concepts et pressentent les Abymes , les multiplicités irréductibles,de ce qui ne peut être classé.
    En conclusion: Il est impossible "de ranger les multiplicités dans une nomenclature" totalisante.


    Et les genres? Avez-vous bien lu ce qui précède? "Nous commençons par croire que le concept rassemble: l'arbre ,tous les arbres, le moi tous les "moi", etc... En réalité il disperse . Ce que le concept rassemble ce sont des thèmes mais sur un fonds de polysémie qui défie la raison et la nargue dans le contradictoire...


    Ma réponse à la première question de Victoria:
    Derrida ne me semble pas être un philosophe pour une simple lecture en Terminales.
    Mais il peut être, pour le "cours" d'un professeur , un moyen d'amener des Terminales à comprendre le Rap et beaucoup d'auteurs.

    A suivre!

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