Enthousiasme et politique.... I
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Discussion: Enthousiasme et politique.... I

  1. #11
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    On distinguera soigneusement le militant enthousiaste et le mystique.
    Certes il y a une expérience chez les deux,à l'occasion d'une rencontre.
    Point de vue de Kant, sur l'enthousiasme:
    Dans l'enthousiasme le militant éprouve un affect à l'occasion d'une rencontre, d'un surgissement, avons-nous dit selon Kant ce peut être une oeuvre humaine,un commandement de Dieu,un discours persuasif ou simplement beau, ou encore un discours politique , devant quoi ou devant qui nous éprouvons autre chose que de l'admiration ou de l'étonnement.

    Notre sensibilité est émue,orientée vers une action avec une exigence : ce sera une action concertée: la vraie vie commence, on ne se regarde plus , on regarde dans la même direction, l' accomplissement , par l'action orientée vers le bien de tous , d'un avenir meilleur de liberté,par un pouvoir partagé (Kant, Critique du jugement,Vrin,1968,page 108.)

    L'expérience mystique , à la différence de l' enthousiasme, n'est pas un sentiment mais une rencontre avec rien. Nada. S'il n'y a rien c'est de la sécheresse que le mystique va souffrir .La foi, elle même se nourrit de doutes!
    En fait le mystique se rencontre avec lui-même dans une transformation .


    Comment confondrait-on la plénitude de l'expérience de l'un avec la marche dans le désert de l'autre?

  2. #12
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    Je pose ce qu'on ne peut attendre de l'enthousiasme :
    On ne peut en attendre une connaissance car un affect n'a rien à voir avec un concept. De ce fait il serait vain d'en attendre un jugement déterminant, qui permettrait de juger telle politique:
    De je suis enthousiaste je ne peux rien déduire concernant une politique que je proposerais., ni d'ailleurs une action concertée que j'accomplis.
    Dans l'enthousiasme il y a ,tout au plus une coloration de sympathie.,ce qui éprouve soi-même, sans aucune transcendance.
    Je peux être suivi par des milliers de militants enthousiastes cela ne signifie rien de la vérité de mes théories ou de la pertinence des actions accomplies.
    Par exemple:
    L'imbécile dira, j'ai beaucoup de militants enthousiastes, j'ai raison.

    Ce qui signifie que la force incarnée dans l'enthousiasme n'est que la force d'un sentiment , énergie que je peux utiliser bien ou mal comme la langue d ' Ésope.

    Que le politique ne s'illusionne pas,de l'enthousiasme et du nombre de ses militants il ne pourra tirer rien sur la valeur de sa politique et sur l ' intérêt de ses actions.
    Dans sa première fraîcheur l'enthousiasme est aveugle, c'est une puissance qui exige pour apparaître dans son humanité une éducation et donc une culture, car l'homme est un être raisonnable sensiblement affecté.

    On comprend tout ce qu'on peut tirer pour votre sujet: Enthousiasme et politique.

    A suivre

  3. #13
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    Mais aussi on comprend que l' enthousiasme nous permet de saisir , de manière immédiate et incontestable, un aspect essentiel de l' humanité:
    l'enthousiasme est le signe d'une capacité propre à l' homme : cette capacité est un trait essentiel de l'humanité: c'est la capacité de chaque homme à s'orienter vers un mieux, c'est à dire à le viser: capacité de s'élever au-dessus de la nature pour donner à la vie pleinement humaine un sens qui parcourt un ensemble d'actions articulées à un but qui doit marquer un progrès.
    Dans ce mouvement on voit clairement un acte de liberté qui témoigne de la liberté d'un être raisonnable sensiblement affecté , ce qui lui confère une dignité qui mérite le respect.
    L'enthousiasme , réduit à lui-même , ne peut être qu'un indice de la liberté; il faut la culture pour en faire un signe incontestable de la liberté, de la dignité de l'homme, pour que chacun éprouve ce qu'est la moralité.
    L'enthousiasme est le révélateur d'une disposition de l'homme à la moralité, c'est à dire au mieux considéré comme progrès possible et à la liberté.

    Pensons à l'estime de la liberté chez chacun d'entre nous. "La liberté ou la mort."

  4. #14
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  5. #15
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    Par défaut Enthousiasme et politique II

    Les politiques succombent souvent à la tentation de faire de l'enthousiasme un instrument pour la marche vers le pouvoir.

    C'est méconnaître ce que cela est l'enthousiasme et risquer des retours en forme de bâton, si ce n'est de cuisant échec.
    Ce n'est pas , par exemple , l'enthousiasme qui a jeté quelque lumière sur la révolution française.
    Les chouans étaient, eux aussi enthousiastes.
    D'un sentiment on ne tire rien pour un concept: le concept est fermé par celui qui le déroule.
    Tout ce que l'on peut affirmer c'est que l'enthousiasme marque une sensibilité à l'histoire, tel ou tel devenir dans lequel je me sens impliqué.

    En conséquence plus on promet , plus on doit s'appuyer sur la raison.

    Reste qu'il est permis de sourire d'un long discours , un peu ennuyeux, accompagné d'un enthousiasme continu.
    Plus on s'appuie sur l'enthousiasme plus on refuse le sentiment éprouvé par la foule des militants.
    On propose un programme et par là un certain nombre de choses qui seront des sacrifices.
    ON peut dire que l'enthousiasme est une ouverture sur l'avenir, et donc sur la liberté. Cela signifie que
    cette ouverture est ,tout au plus une aspiration au progrès sans pour cela le déterminer .
    La politique gagnerait donc à ne pas instrumentaliser l'enthousiasme.

  6. #16
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    Par défaut L'instrumentalisation de l'Enthousiasme. III

    Kant nous prévient contre les enthousiasme théoriques.

    Il me semble qu'il s'agit de sortes de monstres antinomiques. On veut instrumentaliser l'enthousiasme et lui faire dire ce que l'on veut réaliser, alors que l'enthousiasme est un sentiment et n'a aucun rapport avec tel ou tel contenu théorique.
    Tout au plus peut-on le qualifier comme ce qui réveille, ce qui arrache à la monotonie du quotidien, ce qui provoque une répulsion contre le passé et ses répétitions.
    On croit se débarrasser du passé en expulsant du champ politique les figures de ceux qui ont dominé le passé.
    Encore faut-il que le passé ne grimace pas derrière les nouvelles figures.
    Et ,certes, l'enthousiasme est une sortie de la torpeur, le surgissement d'une aspiration au "meilleur " c'est à dire à un progrès et à plus de liberté.
    Mais eux qui font miroiter des lendemains qui chantent, en instrumentalisant l'enthousiasme, oublient que l'enthousiasme ne dit rien sur le contenu de l'avenir et ne peuvent que par un préjugé, assurer qu'il sera un progrès accompagné de plus de liberté.
    De plus ,en excluant les acteurs du passé , non sans candeur, ils leur dénient l'humanité, la liberté de se choisir autre en choisissant une autre route en fonction d'une expérience qui devient profitable à tous.'>regret, aveu, repentir
    Devant tant de vertueuses protestations on resterait perplexe dans un pays ou le "piston "régnerait.
    Alors il est permis de se précipiter à ces meeting qui nous régalent de promesses , ou de performances techniques, ce qui nous fait oublier que le progrès exige une intelligence qui ajuste les moyens à une fin, et que une politique pavée de bonnes intentions mène plus à l'enfer sur la terre qu'une politique sensée qui a renoncé à l’instrumentalisation de l'enthousiasme.
    Ne confondons pas les défilés dont le rythme est la négation du progrès et de la liberté, avec le pouvoir partagé à l'horizon de l'enthousiasme : saisi par l'enthousiasme qui est saisie "des commencements ", selon la pertinente formule de Hegel, mais qui ne dit rien sur la valeur du contenu de ces commencements.

    Joseph

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