« SERVITUDE ET SOUMISSION » La Boétie, Montesquieu, Ibsen...
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Discussion: « SERVITUDE ET SOUMISSION » La Boétie, Montesquieu, Ibsen...

  1. #61
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    2) La vérité est dissimulée > Champ lexical: trompé, jouée de, paraître fidèle, gardé dans mon c oeur,profané la vertu,violence de la haine,je te trompais...J'ai ...gardé dans mon c oeur....

    Notez l' insistance du rythme (le retour du même) qui fait éclater ce pour quoi elle le hait: il possède ce qui ne peut être possédé, selon le droit naturel. Allitérations, assonances...
    Retour de la première personne: JE: Qui nie ja possession martelée par les "ton", "ta" , "tes" qui marquent la possession ignoble aux yeux du droit naturel. On entend un martèlement...l'exaspération de Roxane (=> Rome, enfin que je hais...)...

    La liberté est affirmée
    Je t'ai trompé, j'ai séduit,je me suis jouée, mon esprit s'est toujours tenu dans l'indépendance,un co eur comme le mien,, je te trompais,admirer mon courage, Je me meurs.
    Elle se libère par la mort.
    Notez les antithèses: par exemple: vertu x soumission, abaissée x fidèle, amour x haine.....

  2. #62
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    3)Deux femmes qui n'ont rien, vraiment rien à envier aux hommes!


    Comparons la fin des Lettres persanes et la fin d'une maison de poupée.
    Dans les deux cas c'est une femme qui se sauve, Roxane se suicide et Nora claque la porte en tuant la fillette qu'elle était. Notez qu'on a imaginé que Nora se suicidait.
    Dans les deux cas c'est une femme qui trace l'avenir de l'homme, ce qui peut nous étonner.
    Montesquieu et Ibsen se retrouvent par un acte de volonté , par un chois éclairé par un raisonnement vigilant.
    "La femme,( en ce sens) est l'avenir de l'homme."
    Dans les deux cas il s'agit de servitude apparente. Roxane et Nora ont fait semblant.

    Différence: Alors que Roxane dissimule, agit, trompe, assassine,se libère par la mort , Nora prend patience, supporte, se libère par un acte.S'ouvre à la vie et à ses risques.

    Montesquieu dans sa fin , termine. Tout est fini pour Roxane.
    Ibsen ouvre l***8217;avenir, tout est possible, tout commence pour une vraie vie ailleurs. A la recherche du miracle suprême.

  3. #63
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    Par défaut Pour Noémie: ?" Ele" a peu de tps!

    Noémie me demande deux lettres qui me paraissent essentielles.
    Elle a peu de temps! Elle est en prépas.

    La lettre 24 et 161 me semblent bien résumer la critique double de Montesquieu sur le plan de la servitude et de la soumission:
    Le royaume de France
    Les persans
    De plus la dernière lettre met en évidence la femme et son apport indispensable (vocation individuelle ): c'est une bombe à l'époque.(=> Ibsen)

    Mes perspectives insistent sur ce qui résume bien deux apports des lettres.
    Me faire dire que cela suffit, ce serait me faire trop dire
    Joseph

    Le bon petit livret dans la collection ellipses : l'essentiel sur Servitude et soumission lui fera gagner beaucoup de temps.

  4. #64
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    Par défaut Jean-Pierre me demande s'il est vrai

    Jean-Pierre me demande s'il est vrai qu'aucun philosophe n'a suivi l'enterrement de Montesquieu?


    A ma connaissance Diderot était présent, honorant ainsi la philosophie et surtout le grand philosophe qu'était Montesquieu, car la philosophie n'existe que dans les philosophes qui désirent la justice, la vérité et qui défendent la liberté. C'est leur vocation individuelle, leur naturel philosophe dirait Platon.
    Pour le reste, il ne semble pas qu'il y en ait eu.
    La peur qui faisait la force du roi et de la religion explique cette solitude du philosophe.
    La postérité, les innombrables lecteurs et admirateurs ont réparé cela.

    Mettre Les lettres persannes à un programme c'est faire beaucoup pour la vérité, la justice...et, j'allais oublier,pardon pour les professeurs de français, la beauté.

    joseph

  5. #65
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    Deux femmes qui n'ont rien, vraiment rien à envier aux hommes!




    Roxane a conscience de sa valeur:
    Elle sait punir les assassins de son amant: "Je viens d'envoyer devant moi...." = elle les a fait exécuter, en sa présence.
    Elle ne croit pas les discours sur la femme qui doit être soumise...Elle ne croit pas n'importe quoi.

    C'est une loi ( toujours):

    Elle a conscience qu'on ne pouvait pas lui enlever sa liberté, car la liberté est inhérente à son moi: "J'ai toujours été libre."
    Elle a la liberté de penser: " Mon esprit..."L'esprit c'est le doute qui ne dépend de personne d'autre qu'elle.
    Elle a le sens de ses devoirs: "ce que j'aurais dû ..."
    Elle est conscience de soi, de sa dignité que le monde du harem lui refuse. Sa vocation individuelle la rend unique:"mon c oeur" le siège des sentiments élevés mais aussi le courage." comme le mien" exceptionnel.
    Elle sait venger les affronts: "t'avoir accablé de douleurs"
    "mon courage" "ma force"
    Comprenons que la femme n'a rien à envier aux hommes.

    C'est ce que Montesquieu et Ibsen pensent de la femme

  6. #66
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    Par défaut Montesquieu : j'ai réformé tes lois sur celles de la nature.......

    Nous allons comprendre cela à partir des conceptions de Montesquieu.
    Notez le tes:qui t' appartiennent et dérivent de tes caprices: tes lois monstrueuse et particulières.

    "sur" : c'est à dire ; à partir de, en m'appuyant sur.En gardant le regard fixé sur.
    La difficulté tient aux lois de la nature qu'il faut saisir comme: la nature des choses:les lois sont pour Montesquieu des rapports nécessaires dérivant de la nature des choses.
    Il est donc possible de les étudier du point de vue scientifique.
    Ce faisant

    Montesquieu se conduit en père fondateur de la philosophie politique et de la sociologie.



    Pour Montesquieu, la loi au sens général est donc un rapport nécessaire dérivant de la nature des choses. Pour l'homme une règle ordonnée à la sécurité et la liberté.=> Le sens de la loi positive est d'être une spécification de la loi au sens large.

    On comprend que pour réformer les lois de Usbek Roxane les a réformée sure celles de la nature.

  7. #67
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    Par défaut MINI COURS SUR L'ESPRIT DES LOIS POUR MIEUX COMPRENDRE LES Lettres Persanes...

    A paraître prochainement
    Joseph

  8. #68
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    Posons d'abord la distinction du despotisme et de la monarchie:
    dans le premier cas il n'y a ni lois ni règles: le despote exerce sa puissance , entraîne tout par ses caprices et par sa volonté (De l'esprit des lois). Il n'y a pas de justice possible. (est juste ce qui est conforme à la loi)

    Dans le deuxième cas,le gouvernement monarchique, le roi ,lui seul, gouverne par des lois fixes et établies.
    La justice est rendue au nom du roi. Le roi est le souverain.

    Dans les deux cas ils ont le droit de vie et de mort.

    La république: le souverain c'est le peuple, l'ensemble du peuple ou une partie. La loi dit donc être pour tous et par tous. = double universalité = la loi est un être de raison: "La loi est la raison humaine" écrit Montesquieu, elle reflète le pouvoir de distinguer (le vrai du faux, le juste de l'injuste), La loi est le reflet de l'universalité, .
    On distinguera la loi universelle et les lois positives (diverses.)



    La liberté consiste à obéir aux lois: en effet être libre c'est obéir à la loi qu'on s'est prescrite. En conséquence la liberté ( civile et la liberté politique) ce n'est pas faire ce que l'on veut, mais faire tout ce que les lois permettent."La liberté ne peut consister qu'à faire ce que l'on doit vouloir et à ne pas être contraint de faire ce que l'on ne doit pas vouloir." (L'esprit des lois,I )

  9. #69
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    Essayons d"éclaircir ce qui précède en dépliant pour mieux comprendre:

    La loi régit des rapports .


    Les lois positives:
    -La loi politique régit les rapports entre ceux qui gouvernent et ceux qui sont gouvernés.
    -La loi civile régit les rapports des citoyens entre eux.

    Les lois universelles ( internationales) régissent les rapports entre les nations= droit des gens.


    Lois politiques et lois civiles sont ajustées "au peuple pour lesquelles elles sont faites et ne conviennent bien qu'à eux" écrit Montesquieu, avec pour conséquence que ces deux genres de lois positives varient en fonction de tel ou tel peuple.

    A suivre

  10. #70
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    Nature et fondement des lois positives:
    Elles sont propres à chaque peuple.
    Elles doivent avoir un double rapport:
    D'abord au fondement du gouvernement établi. En un sens elles découlent ( aspect mathématique: par déduction en quelque sorte) de son principe qui les soutient et les anime .

    Ensuite il faut qu'elles aient un rapport essentiel à la nature du peuple qu'elles régissent.( = elles sont , de ce fait,des cas particulier, en quelque sorte.)
    Les lois politiques forment le gouvernement , les lois civiles le maintiennent.


    On saisit le regard du philosophe Montesquieu dans les lettres persanes:c'est la raison qui devrait régir , elle qui n'a rien à voir avec la religion ou avec la naissance. C'est la constitution, ou loi fondamentale , qui règle les rapports entre les gouvernants et les gouvernés, et elle seule .
    La règle ne saurait admettre tout ce qui n'est pas droit et constant dans le temps: les caprices, les préférences... Sans lois, il ne peut y avoir de liberté et d'égalité.

    Montesquieu travaille à faire éclater l'imposture de ceux qui prétendre être légitime., dans le royaume de france comme chez les persans.

    Un être de raison n'a pas de préférences.
    Seule une constitution (ou loi fondamentale) peut assurer qu'il ne peut avoir de despote, de maître ,de tyran.


    Il nous reste à voir ce qui découle de la nature des chose : notre auteur y discerne une sorte de droit naturel. C'est difficile mais ce qui est difficile éclaire beaucoup plus .
    A paraître

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