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Discussion: La Physique d'Aristote

  1. #1
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    September 2005
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    Smile La Physique d'Aristote

    Bonsoir,

    J'essaie de lire la Physique d'Aristote. J'en suis au début, à la réfutation des anciennes doctrines. Il y a un passage que je ne comprends pas, à la fin du livre I chapitre 2.
    "Mais les Anciens qui viennent en suite se sont eux aussi donné beaucoup de mal pour ne pas aboutir à ce que l'un et le multiple soient identiques. ... Mais, à ce point-là, ils ne pouvaient plus progresser, et devaient admettre que l'un est multiple, comme s'il n'était pas possible que la même chose soit une et multiple, sans que les opposés le soient (1); car il y a l'un en puissance et l'un en entéléchie (2).

    (1) Les opposés sont à la fois un et multiples.

    (2) Si l'un et le multiple sont tous deux en acte, ils sont opposés."

    Les notes et la traduction sont de Pierre Pellegrin, éditions Garnier-Flammarion.

    Je comprends que les Anciens étaient gênées par le fait que la même chose soit une et multiple, car alors ils devaient admettre que les opposés étaient un et multiples. Mais je ne comprends pas l'enchaînement. En effet, "la même chose" signifie-elle toute chose ? Et alors toute chose est une et multiple. Donc les opposés aussi, c'est alors logique. Mais si "la même chose" signifie "certaines choses", je ne vois pas pourquoi les opposés seraient un et multiple. En effet, le nombre 1 n'est pas un et multiple, donc toute chose n'est pas un et multiple.
    De plus, j'ai du mal à avoir le rapport avec la dernière phrase: "car il y a l'un en puissance et l'un en entéléchie".
    L'un en puissance est-il le multiple ? Pourriez-vous me donner des exemples de choses qui soient multiple d'abord et un ensuite ?
    Il s'agit d'un couple de personnes par exemple ?
    Ensuite, je ne vois pas le rapport entre la note (2) et ce qu'elle annote.

    Merci d'avance.

  2. #2
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    April 2005
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    Pariiiis
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    Les Anciens tentaient de rendre compte des êtres en mouvement - c'est le sujet des Physiques.
    Par chose, il faut d'abord entendre les choses matérielles. L'objection de l'unité ne porte pas car elle est abstraite : le 1 n'est pas matériel. Aucun chiffre ne peut être en mouvement.
    Les Anciens arrivent à une aporie, ne pouvant pas rendre compte du mouvement.
    Je reste moi-même mais je change tout au long de ma vie : je suis le même et autant de personnes différentes à travers chaque instant...

    Comprendre le mouvement est fondamental et de nombreux philosophes s'y sont cassé les dents. Aristote est ardu mais c'est admirable d'intelligence.

    L'un en puissance et l'un en acte : je pense qu'il faut entendre le principe et la fin du mouvement. Le fer est blanc, mais il passe avant par une série de contradictions (de rouge, il devient peu à peu blanc, chaque état contredisant les précédents, jusqu'à atteindre la blancheur). Ainsi le blanc est-il en puissance puis en acte ; et inversement et dans les mêmes temps le non-blanc en acte puis en puissance.

  3. #3
    Date d'inscription
    September 2005
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    83

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    Merci pour cette éclairage.
    Je comprenais que les opposés étaient un et multiple car ils étaient une vue sous le même rapport donc un, et multiples car au nombre de deux.
    Je vais réfléchir à ce que tu m'as dit.

  4. #4
    Garrisonsdicks Guest

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    Le sujet des Physiologues et des atomistes; les "physiques", ça sonne un peu faux. Parmis ces anciens on retrouve donc Démocrite et Leucippe, Anaxagore, Anaximandre, Thalès!
    Ce qui est principalement visé dans cette doxographie, à mon avis, c'est la manière dont les physiologues et les atomistes traitent l'idée seolon laquelle la nature (phusis) est animée de mouvements qu'il faut expliquer. Le problème principal est celui de la génération et de la corruption, qui sont des mouvements (kinesis=mouvement), c'est-à-dire des changements. Thalès, par exemple, ramène la diversité de l'être (aperçu du multiple) à un principe unique systématique : l'eau, qui est le substrat du changement (c'est la théorie de l'agglomération et de la raréfaction, selon laquelle les choses changent selon que l'eau y abonde en s'y agglomérant ou y est peu présente en s'y raréfiant.

    Deuxième principe mis en jeu dans cette doxographie, à mon avis, le statut des individus ("un" en eux, c'est-à-dire indivis) lorsque leur production et leurs changements sont soumis à la contingence (atomisme : par agrégation ou désagrégation contingentes d'atomes). Cela pour Aristote n'explique pas l'unité de l'individu, ni son essence.

    Dire tout cela, c'est poser la matière comme le principe d'être, du changement, de la génération et de la production. Or, la matière est pure passivité (attention, il ne s'agit pas de la chora de Platon, car justement, chez Aristote, matière et forme sont produites simultanément, bien que la forme informe la matière), pure réceptivité. La matière, disais-je, est pure passivité, c'est-à-dire pure puissance. C'est en ce sens que je comprends la fin de ton extrait :
    ce qui est pure puissance est nécessairement pur non-être, car ce qui est, c'est ce qui est en acte (là tu suis, c'est un pré-requis métaphysique). Non-être en effet car sans forme, c'est-à-dire, encore une fois, pur potentialité. Ainsi, l'un en puissance, c'est le potentiel qu'un mouvement peut réaliser, mais qui n'a pas d'existence en soi, car n'est pas un être déterminé (un individu avec une forme). La multiplicité procède de la différence, c'est-à-dire de ce qui détermine l'individu comme un, relativement aux autres. En ce sens, l'individu en acte, matière et forme, est un, indivis, au sein d'une multiplicité en acte. C'est pourquoi il est dit dans la note 2 qu'ils sont opposés (c'est-à-dire distincts, ou, comme c'est traduit dans ton texte, opposés; je pense que le mot grec est enantion, et pas antikeimenon, mais il faudrait vérifier).
    Je sais pas si j'ai été très clair, mais en tout cas, tout s'éclaircira lorsque tu arriveras au livre III, et puis bien sûr quand tu l'auras fini une première fois.

  5. #5
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    Je me réjouis: il revient
    Joseph
    http://forum.philagora.net/showthrea...-sur-Philagora

    Des pistes...pas des corrigés qui servent très peu.....

  6. #6
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    September 2005
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    Merci Scop, et Garrisonsdicks.

    Concernant l'un et le multiple, je n'avais pas compris qu'il pouvait s'agir du mouvement. Je croyais que c'était le fait qu'un homme, par exemple, pouvait être dit animal, ou rationnel, ou etc...
    Donc que l'un avait plusieurs sens, plusieurs aspects, donc était multiple.

    Concernant un individu dans la société, les individus se déterminent d'après ce qu'ils sont par rapport aux autres. Y-a-t-il une chose qui est alors dans la société une et multiple ? Est-ce la société qui est composé de plusieurs personnes donc multiple, mais en même temps de personnes qui ont décidé de vivre ensemble pour mieux vivre, et donc qui forment un tout ?
    Ou est-ce chaque individu qui est un, mais en même temps, qui se définit par rapport aux autres, et qui "reflètent" les autres ?
    Je comprends mieux la logique du passage.

  7. #7
    Garrisonsdicks Guest

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    Oui, c'est vrai, je n'y avais pas pensé, mais la question des espèces est très importante dans le modèle aristotélicien de l'individualité, autrement dit dans la question de l'un et du multiple. Je m'y pencherai peut-être demain, parce que là on est samedi, et comme tous les samedis nuit, j'ai pas vraiment les idées claires. Mais à mon avis G13, ton intuition est fondée.

  8. #8
    Date d'inscription
    September 2005
    Messages
    83

    Par défaut L'étant essentiel et l'un essentiel

    Que signifie les mots "étant essentiel" et "un essentiel" ?
    Voici le passage où ils sont utilisés pour la première fois, c'est au sujet de la réfutation de Parménide:

    Il est alors nécessaire d'admettre non seulement que l'étant signifie une chose unique, quelle que soit la chose dont il est prédiqué, mais signifie aussi l'étant essentiel et l'un essentiel. L'accident, en effet, se dit d'un certain substrat, de sorte que ce à quoi est attribué l'étant n'existera pas, car il sera différent de l'étant. Il y aura donc un certain non-étant. Donc l'étant essentiel n'appartiendra pas à autre chose.
    Est-ce que cela veut dire qu'il n'y a qu'une essence, ou bien que il y a un étant plus important que les autres, ou autre chose ?

    Merci d'avance.

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