Bergson Essai, Virginia Woolf, Gérard de Nerval....
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Discussion: Bergson Essai, Virginia Woolf, Gérard de Nerval....

  1. #81
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    8L'âme b)

    Survivrait-elle?
    "l'autre partie de nous, la partie invisible, qui est beaucoup plus étendue, pourrait bien survivre, pourrait être conservée...."

    Pour quoi?
    -pour aller s'attacher à telle ou telle personne,
    ou même
    - venir hanter certains lieux après la mort."
    page 69 et 70

  2. #82
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    Woolf, ardente lectrice de Montaigne:

    "Il n'y a aucune constante existence, ni de notre être, ni de celui des objets. Et nous, et notre jugement, et toutes choses mortelles vont coulant et roulant sans cesse." Montaigne, Essais. II, 12.


    -"Je veux arrêter la promptitude de sa fuite par la promptitude de ma saisie, et par la vigueur de l'usage compenser la hativeté de son écoulement (il s'agit de sa vie); à mesure que la possession du vivre est plus courte, il me la faut rendre plus profonde et plus pleine." Montaigne, Essais, III, 13.

    "Qu'est-ce donc qui est véritablement? Ce qui est éternel, c'est à dire qui n'a jamais eu de naissance, ni aura jamais de fin." Montaigne, Essais, II, 12.

    Certainement un éclairage pour notre texte.

  3. #83
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    Perpectives ou pistes dans une région sans sentiers. (dernières pages)
    Une fin inaugurale


    1) Le moi , si l'on peut encore dire. Fidélité à la vie plutôt. Retour de la lumière (Clarissa) aux rivages de la lumière: renaissance à elle-même..

    a) Rappel; En musardant
    deux aspects de son moi:
    Clarissa: le moi profond, fondamental qui sent et qui pense :CLarissa signifie la lumière
    Mrs Dalloway: le moi mondain, une surface brillante, le moi social


    Une dualité animus/anima à tous les niveaux: ce qui lui permet de tomber amoureuse des hommes (par anima) comme des femmes (par animus)

    Une partie d'elle même , sa face d'ombre, c' est Septimus . A la fin (dernières pages) en ce sens elle meurt à un aspect d'elle-même. Evidemment, de ce fait, elle a conscience du moi profond de Septimus comme un des aspects de son moi, et elle le souffre. Le moi est cloué à lui-même pour l'éternité, c'est sa passion.
    et le désespoir sa conséquence.
    Ainsi non seulement comme flux elle est en relation et en interpénétration avec son passé mais elle est en relation et en interpénétration avec certains ( et certaines ) de ses contemporains , relations horizontales en quelque sorte.


    Le cogito cartésien et son solipsisme sont définitivement dépassés dans une intersubjectivité fluante dans laquelle tout se mêle, au gré, il est vrai , de la romancière.C'est aller infiniment plus loin que Bergson, mais dans un roman, avec , quoique Virginia veuille, un deus ex machina.



    b)Clarissa Dalloway et Septimus
    .Deux faces de Janus? espérance malgré tout et désespoir : deux faces d'un moi : deus faces inséparables ?
    Clarissa Dalloway
    figure du Temps qui dévore ses enfants, qui détruit ce qu'il a fait apparaître?
    Une journée au risque de se perdre ou de faire face :issue: "elle était l là", rien que moi, toute moi dans sa perpétuelle fluence
    évanescente, toute nue , au sens figuré et pourtant terriblement existentiel. Dans la mouvance ou tout coule, reflue, sans cesse, se mêle et se démèle, elle existe et et elle est fidèle : une durée fuyante qui se nourrit de tous les flux,de toutes les "résonnances" individuelles et différentes au rythme implacable du temps objectif scandé par Big Ben , ou par quelque horloge. A ces résonnances se mêle les réactions de chacun et de chacune.

    Septimus enchaîné désormais , au dernier acte de sa vie,-( trouer la paroi de verre qui le sépare de la réalité en se défénestrant dans une tentative vaine et avortée pour rejoindre la vie )- cloué au deuxième giron du septième cercle (enfer de Dante) de ceux qui ont renoncé à la vie , qui ont, peut-être, trop écouté les oiseaux chanter en Grec ou trop admiré les arbres qui chantent, sans pouvoir faire leur deuil d'une amitié bien particulière: la mort d'Evans, fermé qu'il est à cette part d'invisible qui pourtant n'a pas quitté les rivages de lumière; Seuls des propos de Clarissia pouvaient lui donner la révélation --la part invisible d'Evans coule toujours vers lui et vers les autres et vers les arbres qui s'animent--et du même coup le sauver en lui permettant de faire son deuil dans l'espérance retrouvée, en l'arrachant au désespoir qui le mine)


    Mais elle est toujours là. Et ce n'est pas peu que ce qu'elle a puisé dans la mort de Septimus, et de la brève fréquentation du royaume des morts même si, selon l'antique loi , elle a tout oublié,
    : De l'océan de la mort elle émerge,poussée par le devoir de tout existant. (il fallait). Même si elle se sent, en un sens, très semblable avec celui qui s'est suicidé par une part d'elle-même,elle se choisit : en choisissant de revenir aux rivages de lumière, elle se choisit et se distingue de celui qui s'est tué, tandis que Big Ben en sonne le glas, montrant ainsi que le deuil pour Clarissia est fait, que la mort est dépassée ,conservée comme horizon puisque la part d'invisible se répandra; parce qu'elle est acceptée, cette acceptation ouvrant la voie aux joies de l'instant enfin goûté à l'infini, dans la liberté de dire ce que l'on pense.
    Quoi de plus différent de la conduite de Septimus qui, ne pouvant faire le deuil d'Evans, se ferme et ferme sa vie, qu'il n'a que balbutié ?

    Nous le savons, elle était là pour assumer, comme un être qui sait être mortel et donc avoir un temps mesuré aux cou ps de l'horloge , toute la vanité de ce qui est condamné à disparaître dès qu'il apparait: La profondeur de l'instant jusqu'à la plus superficielle des mondanités.
    Clarissa en décidant de vivre rachète la fuite de Septimus, elle en est consciente et c'est ce qui fait que ,réduite à elle même , elle reste une âme forte de sa seule existence.

    C'est le triomphe du moi, unifié dans tous ses aspects par son consentement au temps vécu des mortels. Et tout ce qui lui sera enlevé lui est d'abord donné.
    Que la pensée existe, que l'existence émerge aussi du je pense, que la pensée échoue à penser l'existence, que nous puissions cependant parler de l'existence signifie que l'existence est une donnée, un don .....
    "Pour un être conscient, exister consiste à changer, changer à se mûrir, se mûrir à se créer indéfiniment soi-même" Bergson

    "Entre monde et raison, mais sans aucune distance, nous sommes le rapport qui s'autodétermine. La personne est un masque d'acteur tourné vers le théâtre et serviteur du texte. Sa vie, comme toute vie, est dans l'intelligible: nous ne faisons qu'y changer de limites. Selon notre courage, nous la trouverons belle ou nous serons désolés de notre insuffisance." Francis Courtès, La RAISON et la VIE, Vrin page 309.

    Exister pour nous c'est sentir" Rousseau.

  4. #84
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    2)\
    Le moi:

    Septimus- Clarissa- Peter

    Montaigne: parce que c'etait lui ,parce que c'etait moi

    A bientot (^)
    Joseph , sur la Baltique......

  5. #85
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    Par défaut Montaigne- WOOLF Fiche express

    Montaigne:
    --Il faut se prêter aux autres et ne se donner qu'à soi..
    Comment mieux dire la distinction des deux aspects du moi et ce qui revient à l'un et à l'autre? Clarissa Dalloway

    --Le moi ondoyant et divers....Fluide et réfractaire au concept. Flux, "durée fuyante"
    La belle entreprise de le signifier.


    -- La vérité doit avoir un visage pareil et universel, certes mais nous ne la connaissons pas: pour nous ce n'est qu'une idée, tout au plus un principe régulateur...

    -- Il faut que chacun obéisse aux lois de son pays, quelle que soit leur relativité
    Comment mieux dire le "il fallait" auquel chacun doit se soumettre, singulièrement pour faire don deuil, ce que Septimus refuse accrochè à l'être,engluè et déjà mort dans sa vérité(page 310), alors que Clarissa Dalloway l'accete et s'insère alors dans la vie. [I]Elle était là[/--

    -- Quand je marche je marche, quand je danse je danse...
    Faire les choses poir elles mêmes et non pour autre chose qu'elles mêmes ("Elle ne faisait pas les choses stout simplement pour elles-mêmes mais afin que les gens pensent ceci ou cela...) Richard fait les choses pour elles mêmes.
    La finalité circulaire de l'action: importance du moment (Montaigne--Rousseau--Woolf)
    Et volà tout, et c'est tout, et ça suffit

    -- Que sais-je en ce monde où tout change, tout et singulièrement le moi

    Que sais-je de moi, de mon âme, de ma vie, de la réalité?

    --Parce que c'était lui, parce que c'était moi: sans s'être jamais rencontré, ils se reconnaissent et se comprennent: on se reconnait avant de se voir, par sa partie invisible, son âme. Comment est-ce possible sans le partage d'une similitude d'un aspect de l'âme de Septimus et de Clarissa .L'essentiel est invisible, l'âme.

    --

  6. #86
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    A Angela qui me demande de préciser le sens de finalité circulaire
    A une finalité linéaire, Rousseau substitue une finalité circulaire.

    Stratégie. Provoquer une réaction de l'homme contre la passion qu'exerce sur lui l'action de la société. Revenons sur Les rêveries du promeneur solitaire.

    La promenade joue le rôle d'un paradigme: sa finalité est circulaire: on revient toujours au point de départ un peu comme dans la course de l'ancien "theos" qui revient sans cesse à son point de départ. La promenade nous permet donc de concevoir ce que peut être une finalité circulaire

    Point essentiel: influence de Rousseau sur Virginia qui a fondé (ou participé à ) une association contre la propriété... Suivez mon regard....
    Joseoh

    Pour en savoir plus:
    http://www.philagora.net/l-action/ro...circulaire.php

  7. #87
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    10

    Eric me demande en quoi Clarissa peut être caractérisée, par rapport au temps (?)

    Tu noteras l'importance du moment, sa plénitude

    "Et c'est tout"

    "Ce qu'elle aimait c'était tout simplement la vie" (page 221)

  8. #88
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    2)a)

    Evans et Septimus
    Une amitié de deux âmes, une amitié particulière où chacun s'enferme dans l'autre et enferme l'autre en soi, Evans devenant une partie de Septimus.

    "Il attira l'attention et même l'affection de son officier Evans" ( page 174"Il fallait tout le temps qu'ils soient ensemble"

    La mort d'Evans empêche le cercle de rester ouvert.
    Septimus ne peut faire le deuil de lui-même, de la dispariton de cette part de lui-même.
    Le moi se fige, se constitue en être pétrifié en refusant le temps mortel, le flux des moments, la vie.
    "Il n'était plus capable de ressentir quoi que ce soit" (page 176)
    Septimus refuse tout ce qui ressemble au "il fallait", que Clarissa , nourrie du sacrifice de Septimus, acceptera ."il fallait aller retrouver les autres", prendre la vie à bras le corps.
    Ce qui empêche Septimus de faire son deuil, ce n'est rien d'autre que le temps mortel,et donc le désir d'éternité, que l'amitié, ou l'amour a fait un moment flamboyer dans l'illusion d'une satisfaction imaginair du désir dans la fusion.
    Le moi ondoyant et fuyant s'est figé.
    Et la mise en question radicale par la mort d4Evans à laissé Septimus dans le commencement jamais accompli, à l'état naissant ou tout commence et rien ne prend forme.
    Un feu brûlant d'inchoactivité, si on me pardonne l'expression, qui échoue à atteidre la réalité, à traverser le paravent ou la vitre qui sépare
    de la réalité, de faire autre chose que regarder.
    Certes il regarde à travers la vitre mais rien ne lui parvient : il ressace le même et du coup reste seul pour toujours. "être seul pour toujours" (page 253)

    A bientôt

  9. #89
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    Pour toujours car la mort n'existe pas (page 90) . Dès lors la solitude dans laquelle la passion l'a figé ne peut être qu'éternelle, d'où l'épouvante de Septimus.

    Il ne peut plus espérer du temps mortel car il le refuse et par là refuse son mouvement. Son tort est de ne pas avoir fait ce qu'il fallait, goûter le moment et accepter sa disparition.
    Et combien Septimus souhaite passer derrière le miroir qui le sépare de la réalité, de la vérité, de l'éternité.
    Sonsuicide est donc un effort pour rejoindre l'éternité, un ultime effort pour passer derrière le miroirqui le sépare d'une réalité qu'il soupçonne... retrouver cette vérité qui aurait un visage pareil et universel , celui de l'éternité.
    Notons que Woolf laisse lr lecteur en décider. C'est peut-être un fou!
    Reste que la partie invisible de Septimus, son âme, rejoint Clarissa: D'où son consentement au suicide de Septimus: elle le comprend sans l'avoir rencontré., "elle était contente qu'l l'ait fait" "il fallait" (trois fois).

  10. #90
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    2) b

    Clarissa / Peter
    / Richard page 221

    Clarissa, sous un feu croisé de critiques, en se défendant , se révèle : elle explicite son rapport au temps: la jouissance du moment, l'amour de la vie: le consentement et le contentement bien unis!

    Le feu croisé:
    Peter: elle se met en avant, elle est snob

    Richard:Elle aime l'excitation, elle n'est pas raisonnable car cela fatigue son coeur: elle se conduit comme une enfant.

    Clarissa: elle aime tout simplement la vie, la succesion de moments et cela la rend "parfaitement heureuse."
    Ce qu'elle aime c'est donc tout simplement la vie. ( la réalité)
    Lire page 223: Malgré tout.....puis ces roses; cela suffisait" soulignez la succession des moments


    Voir post 10 et 11: http://forum.philagora.net/showthrea...t=40698&page=3
    .Consentement et contentement.
    Elle donne une soirée rien que pour le plaisir et donc pour rien d'autre qu'elle: finalité circulaire=> Montaigne voir la fiche express:
    http://forum.philagora.net/showthread.php?t=40916

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