+ Répondre à la discussion
Page 15 sur 18
PremièrePremière 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 DernièreDernière
Affichage des résultats 141 à 150 sur 176

Discussion: Bergson Essai, Virginia Woolf, Gérard de Nerval....

  1. #141
    Date d'inscription
    April 2001
    Localisation
    France -
    Messages
    21 948

    Par défaut

    27

    Francis s'interroge sur : le corps. Différence entre le corps et mon corps: pourquoi pas nos corps?

    Peut-on penser le corps? (Niveau prépas)
    http://www.philagora.net/ph-prepa/le...nser-corps.php

    Le corps

    "Mais l'homme éveillé, celui qui sait dit: Corps (je)suis tout entier et rien d'autre, et âme n'est qu'un mot pour quelque chose dans le corps." Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, traduct. De Gandillac, Idées/ Gallimard, page 45.


    Le corps objectivé n'est donc pas mon corps: par exemple quand Clarissa juge son corps : D'un côté, je connais le corps par la représentation: c'est le corps objet, je le connais comme je connais tous les objets: la détermination d'une intuition sensible par un concept.


    En conséquence
    Le corps n'est pas mon corps: je suis mon corps.
    Mais si le moi , chez Woolf,est une multiplicité, s'il renvoie à une impersonnalité, en un sens , je suis en communion avec tous les corps: nos corps et du même coup avec les âmes :
    extase de Peter et de Clarissa.






    "Derrière tes pensées et tes sentiments, mon frère, se tient un puissant maître, un inconnu montreur de route -qui se nomme soi. En ton corps il habite, il est ton corps."
    "Pour lui même le corps créateur créa l'esprit comme une main de son vouloir."
    Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, Idées/ Gallimard, page 46
    En voiture et...en moto "chi va piano va sano"

  2. #142
    Date d'inscription
    April 2001
    Localisation
    France -
    Messages
    21 948

    Par défaut

    Le corps, mon corps, nos corps?


    On lira avec profit le post 27 :
    http://forum.philagora.net/showthrea...t=40698&page=5
    En voiture et...en moto "chi va piano va sano"

  3. #143
    Date d'inscription
    April 2001
    Localisation
    France -
    Messages
    21 948

    Par défaut


    XIII Aurélie
    Après l'égarement, la lucidité.

    Comment exorciser le temps?

    a) Le narrateur:


    1)Très simplement d'abord en sauvant le souvenir par le récit le plus précis possible quelle que soit la part de "recomposition". Il s'agit de présenter, de rendre "comme présent".

    1)Ensuite en utilisant la variation dans l'usage des temps:
    du présent de narration, du passé composé, de l'imparfait et du passé simple, ce qui donne une impression de maitrise du temps par l'écrit par le mirage de l'écrit qui, se jouant du temps, annule le temps, par l'habileté à "comprendre" (prendre sous un même regard) ce qui a été successif, ce qui n'est plus pour le sauver du naufrage inéluctable, malgré la diversité temporelle des souvenirs.

    3)Enfin en se débarassant de la souffrance par un statagème d'autant plus habile qu'il se laisse à peine deviner dans le texte.
    Exorciser c'est délivrer un possédé de ce qui le fait souffrir. S'il est impossible de délivrer du temps, il est possible de soulager la souffrance du possédé:
    Chaque fois que la perte est inévitable on se console en «*découvrant*» que ce n'était pas cela: ce n'était pas la chimère mais:
    un amour fraternel, ou une illusion: on n'aimait pas! (fin du XIII et du XIV: )

    On comprendra pourquoi on court après des chimères , parce que précisément on ne perdra rien ,puique l'idée est ce à quoi rien de sensible ne correspond, et, pendant ce temps , on ne voit pas le temps passer, car on ne tourne jamais une page sur le bonheur... C'est toujours la même époque de la quête qui continue. Ainsi la quête du Graal nous porte à croire que nous sommes immortels.

    Dans Sylvie comme dans Mrs Dalloway on reste souvent au stade de la natalité , de l'inchoactif, de la nonne.
    Seul est, et reste seul, le narrateur de Sylvie car il n'aime que l'amour et seul il restera lorsque tout se sera effondré.
    Mais dans cet effondrement il peut dire: je demeure car il n'a rien commencé, ou plutôt il n'a jamais rien continué.
    Le désir de l'impossible se satisfait de l'échec et repart de plus belle jusqu'à l'expérience de lucidité après laquelle on se contente de promener les enfants de Sylvie.
    Et l'oeuvre s'arrête sur le rappel de la mort de celle qui a consacré sa vie à la recherche de l'absolu.

    Ce que donne sa quête du passé: Lucidité: il n'a pas choisi, il n'a pas agi, il en est resté à la pure natalité: inchoactivité, mais la lucidité qu'il doit à ce que lui assène Aurélie,l'apaise et lui permet de goûter les moments.

    La quête du passé prend un sens et trouve sa fin , en le délivrant de la poursuite des chimères.


    On lira au sujet de l'engagement le post 28:
    http://forum.philagora.net/showthrea...post1852420432




    Nous avons mis en garde: ne pas confondre le narrateur et l'auteur, d'où le

    b)L'auteur : Nerval et le temps.
    La quête de soi dans l'écriture. Comment exorciser le temps?
    En voiture et...en moto "chi va piano va sano"

  4. #144
    Date d'inscription
    April 2001
    Localisation
    France -
    Messages
    21 948

    Par défaut

    28



    Nerval et l'engagement
    Angela me fait remarquer que le narrateur s'engage formellement dans les dernières lignes du chapitre VIII:
    "Sauvez-moi! ajoutai-je , je reviens à vous pour toujours."
    Dès lors comment affirmer qu'il est incapable de choisir une route et de s'y tenir?
    Je n'ai pas dis qu'il en est incapable mais seulement qu'il ne le fait pas.

    Je réponds que Sauvez-moi est une condition qu'il me semble impossible à tenir quand il s'agit de quelqu'un d'irrésolu , de capricieux et de plus hanté par un spectre. Certes le pour toujours impressionne, mais il est dit par quelqu'un d'irrésolu et de capricieux. De toutes façons croire qu'une femme peut le sauver est une illusion. C'est lui seul qui peut se sauver: ce n'est plus un enfant qui vient de naître.La suite le montre: le frère et un amoureux "peu dangereux " suffiront à interrompre l'entretien amoureux.
    A la fin du chapitre II Sylvie pleure de jalousie. Le narrateur sait très bien le lien entre l'amour et la jalousie, mais il n'en profite pas et repart continuer ses études....
    A la fin du chapitre XII il apprend qu'il y aurait un projet de mariage entre Sylvie et son frère de lait, et incontinent il repart à Paris.

    A la fin du chapitre XIII il croit s'apercevoir qu'Aurélie aurait un faible pour le régisseur( un jeune ridé ) et il ne pousse pas plus avant...
    Quant aux raisons qu'il donne pour ne pas céder à son désir pour Sylvie, elles font sourire: une quasi soeur à respecter... On n'est pas loin de la bonne soeur, mais on a peine à y croire.
    A la lumière de tout cela , comment comprendre "je suis à vous pour toujours " autrement comme un élan rhétorique?
    En voiture et...en moto "chi va piano va sano"

  5. #145
    Date d'inscription
    April 2001
    Localisation
    France -
    Messages
    21 948

    Par défaut

    b)L'auteur

    : Nerval et le temps.

    1) La quête de soi dans l'écriture et non dans le souvenir. Comment exorciser le temps?





    Nous avons dit que l'auteur, Nerval, mêne la quête de soi par le langage, par l'écriture .


    Or si le soi est ce qui ne peut échapper à soi, l'épreuve de soi,dans la nuit, il ne peut être objectivé sans disparaître au profit d'une multiplicité de «*moi*» dans laquelle le voyageur sans bagages, puisque tout s'effondre, s'égare et s'effraie parmi toute cette diversité de « moi » , se demandant: si tout passe ,est-ce que je demeure? C'est qu'en un sens le moi lui-même meurt à chaque instant comme l'a bien compris Marcel Proust, pour qui nous savons ce qu'est la mort..

    .C'est l'existence elle-même qui s'éffondre si je ne demeure pas , en quelque manière, pour renaître autre: je est autre, mais alors il n'était presque rien, il n'est plus rien: «*je «* ne demeure pas! A moins que... je n'écrive.

    Sans cet acte, il n'y a plus qu'une natalité sans suite, l'écroulement successif fe feux d'artifices, avant un tas d'ossements. Rêves et chimères, traits de Génie ou de folie,n'ont jamais pleinement existé.


    C'est bien la condition humaine que Nerval voudrait arracher au temps, qu'il voudrait figurer autrement , transfigurer,en tournant le dos au temps vorace qui avale ses enfants, en donnant, tel un dieu l'existence pleine et entière à la condition humaine: sa réussite tient d'abord à avoir compris que sa tâche était d*'enfanter l'existence et l'outil serait le langage, la langue et la parole. Il lui fallait ignorer le temps comme Mrs Dalloway parle de faire comme si les dieux n'existaient pas.


    Il s'agit de ciseler le parcours, le périple à travers la diversité de soi, pour élever le «*Je demeure*» découvert à l'existence pleine et entière , en conciliant par delà leur divorce , la démence et le salut.


    On me dira que c'est magique et je réponds: pourquoi pas puisqu'il a réussi?
    En voiture et...en moto "chi va piano va sano"

  6. #146
    Date d'inscription
    April 2001
    Localisation
    France -
    Messages
    21 948

    Par défaut

    29

    Jacqueline ne comprend pas le "rôle" de la vieille femme dans l'oeuvre.....

    Effectivement cela demande un effort!
    Notez que la vieille femme est semblable à la cloche: fidèle
    "Bienheureuse la cloche au gosier vigoureux
    Qui, malgré sa vieillesse, alerte et bien portante,
    Jette fidèlement son cri religieux,
    Ainsi qu'un vieux soldat qui veille sous la tente!" Ch Baudelaire


    En fait c'est une pure interface de l'éternité!
    D'un côté c'est comme si une corde la reliait à l'horloge et de l'autre elle permet d'accéder à l'éternité
    Si elle regarde , à la fin, dans les yeux, c'est que clarissa est devenue elle-même interface du monde des morts . Pure interface, sans souvenirs des morts, sans rien de plus que:elle était là

    La vieille femme confirme Clarissa en la regardant dans les yeux, ce qui transfigure le rôle à venir de Mrs Dalloway.

    Passeur d'éternité.

    Bien cordialement
    En voiture et...en moto "chi va piano va sano"

  7. #147
    Date d'inscription
    April 2001
    Localisation
    France -
    Messages
    21 948

    Par défaut

    Le rôle initiatique de la vieille femme? Passeur d'éternité.
    Vous pourriez maintenant lire le post 29
    http://forum.philagora.net/showthrea...t=40698&page=5
    En voiture et...en moto "chi va piano va sano"

  8. #148
    Date d'inscription
    April 2001
    Localisation
    France -
    Messages
    21 948

    Par défaut

    Angela me demande si les premières lignes de la page 314 ne permettent pas de comprendre l'auteur de Mrs dalloway.
    je lui réponds: peut-être pas l'auteur mais l'oeuvre et la réalité de nos vies certainement.
    Souvent tout est compris et le dire vient trop tard. " les gens comprennent sans qu'on leur dise" et l'interface de cette impression, ou de ce sentiment c'est le corps.


    deuxième question: Peut-on donner une suite au "roman"?
    Certes la "fin" est combinée de telle manière que ce n'est pas une fin définitive classique. Tout continue à couler , tout continue.
    L'auteur nous laisse bien sur des certitudes:
    Peter et Clarissa communiquent; La terreur et l'extase ils les partagent. L'exaltation est peut-être propre à Peter.
    "elle était là" et c'était tout peut-on ajouter . Rien qu'elle et ça suffit à Peter. Peter communique par l'impression et le sentiment: par l'existence de Clarissa, ici et maintenant.
    Et nous savons par le narrateur omniscient que contrairement à Septimus elle accepte dans le consentement et le contentement le "il fallait , répété trois fois au début de trois prases consécutives. (page 310, fin du premier paragraphe.)

    Cette fin n'est pas une fin classique, elle n'interrompt pas le flux de la vie : mais la vie est choix ....
    Seul un dieu ou l'auteur omniscient peut la continuer, par un autre chapitre, au risque de répéter ce qui a été Bien écrit. Le Bien est ce à quoi il ne manque rien.....
    Est-ce que j'ai répondu Angela?
    En voiture et...en moto "chi va piano va sano"

  9. #149
    Date d'inscription
    April 2001
    Localisation
    France -
    Messages
    21 948

    Par défaut

    Le corps opprimé par le social
    "elle avait surgi nue..." (page 103)
    Si je suis mon corps pas de liberté sans liberté du corps.



    On pourra étudier la révolte de Sally qui brave les conventions sociales en exhibant la nudité de son corps pour aller chercher une éponge. Il faut y voir la revendication de la liberté pour un corps soumis à la doxa sociale et politique.
    Plus profondément la conduite exprime l'impossibilité de maitriser son corps dans l'accomplissement de sa liberté.

    En qualifiant sa conduite de "laisser-aller" papa ne croit pas si bien dire: laisser la bride sur le cou du cheval qu'est Sally, en dépit du ronchonnement de la vieille femme de chambre.

    Mais elle rentre dans le rang , devient une bonne mère de 5 enfants et ... s'en vante.
    En voiture et...en moto "chi va piano va sano"

  10. #150
    Date d'inscription
    April 2001
    Localisation
    France -
    Messages
    21 948

    Par défaut

    30



    Marie me pose une colle:
    baiser donné , baiser volé: signification.


    Baiser volé.
    Effectivement Hugh vole un baiser à Sally: signification? Machisme social , supériorité de l'homme sur la femme... il peut se le permettre, mais cela n'engage pas la communication, et rompt la possibilité d'une communication. C'est sans lendemain.

    Baiser donné, comme un cadeau initiatique à Clarissa. Signification: désir, masqué par les interdits sociaux et donc sans mélange apparent, pur. En fait le bouleversement de Clarissa en dit beaucoup plus. Evénement fondateur pour elle.

    La société (de l'époque) n'admet cet amour entre personne du même sexe que s'il est sublimé et profite à la mère patrie. Un peu comme chez les Grecs anciens , l'amour de Septimus pour Evans n'est admis que s'il pousse à sacrifier sa vie pour la patrie. Ou quelque autre chose belle et bonne. On regarde les fruits et on feint d'ignorer le désir et la chair. C'est la double contrainte qui enferme Septimus: non au désir, oui aux fruits, et le rend fou car on ne peut dire oui et non en même temps: il se trouve dans une voie sans issue qui mêne à la folie et /ou au suicide. Il refuse la voie du salut, le consentement au «*il fallait*» seule voie possible du contentement des moments d'impressions, de vie, de réalité..
    En voiture et...en moto "chi va piano va sano"

+ Répondre à la discussion

Règles de messages

  • You may not post new threads
  • You may not post replies
  • You may not post attachments
  • You may not edit your posts