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Discussion: qui veut bien évaluer ma dissert? Peut- on reprocher une faute de goût ?

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  1. #1
    daphnie Guest

    Angry qui veut bien évaluer ma dissert? Peut- on reprocher une faute de goût ?

    voila, j'ai un probleme je narrete pas de me taper des notes en dessous de 10 en philo mais je comprend pas pourquoi!!! mon prof me dit juste manque de rigueur alors si vous pouviez me dire ce qui va pa...

    Peut- on reprocher une faute de goût ?

    On dit souvent «* des goûts et des couleurs on ne discute pas» pourtant qui n’a jamais reproché une faute de goût, qui n’a jamais critiqué une personne sur son apparence ou une œuvre d‘art? Cette contradiction fait apparaître une question: peut on repprocher une faute de goût? Pour répondre à cette question, il faut d’abord définir ce qu’est le bon goût, on dit que c’est le sentiment qui convient dans les relations humaines, dans les arts et dans les lettres. Alors peut on repprocher à quelqu’un de ne pas avoir le «*bon*» sentiment? C’est ce que nous allons tenter de voir ici.

    Dans un premier temps, nous allons tenter de savoir si le bon goût est inné ou si il peut s’améliorer. Vauvenargues, écrivain et moraliste français du 18ème siècle nous ditt «* le goût est une aptitude à bien juger des choses de sentiment. Il faut donc avoir de l’âme pour avoir du goût.*» Il sous entend ici que le goût est quelque chose d’inné, que l’on a ou que l’on a pas, c‘est quelque chose qui vient de l‘âme, du moi. En effet, nous avons dit plus haut que le goût était un sentiment, et un sentiment ne s’apprend pas. C’ets par exemple l’émotion que l’on ressent immédiatement en regardant un chef d*’œuvre. le plaisir que l’on a à contempler un doux portrait de Modigliani ou bien encore un paysage déjanté du surréaliste Dali. Platon a d’ailleurs décrit ce sentiment de très belle manière dans Phèdre: «* quand la beauté terrestre réveille le souvenir de la beauté véritable, que l’âme revêt des ailes…*» Il évoque ici l’exaltation que nous pouvons ressentir en contemplant la beauté, il pense d’ailleurs que le goût pour la beauté est n’est pas donné à tous, uniquement à ceux qui se souviennent des «*choses du ciel*», rappelons que pour Platon , l’âme est immortelle et a d’abord vécu auprès des Dieux avant de s’incarner dans un corps mortel, pour lui le bon goût est donc inné. Le bon goût apparaît ici donc comme quelque chose qui ne peut s’affiner. Il serait donc injuste de repprocher une faute de goût dans la mesure ou on ne peut pas influer sur nos capacités originales. En effet, on ne peut pas reprocher à quelqu’un de ne pas avoir de goût si il ne peut rien y faire. Cependant le goût reste un jugement car il est l‘expression de notre opinion personnelle, et un jugement est de l’ordre de la culture et non du naturel. De plus la notion de bon goût diffère selon les sociétés, par exemple en Angleterre il est de bon goût de mettre les mains sous la table quand on mange alors qu’en France ce serait une faute de goût. il n’y a donc pas de bon goût universel, donné à certains et non à d’autres. Cependant, le goût reste tout de même une question de sensibilité . On peut donc dire que le goût est quelque chose de donné aux personnes avec plus ou moins de force mais qu’il est toujours possible de l’affiner. Dans la mesure où comme pour la connaissance, le goût se conquiert, on peut donc repprocher une faute de goût. Cependant, on peut opposer à cette affirmation que le goût est un droit que chacun peut exprimer et si on se le réprime, il peut en résulter une atteinte aux libertés fondamentales.


    Car le goût est à la fois une liberté de pensée et une liberté d‘expression. Dans notre histoire il y a suffisamment d’exemples qui prouvent que l’expression du goût qu’il soit bon ou mauvais n’est pas quelque chose que l’on peut repprocher sans engendrer des conséquences parfois graves: Prenons l’exemple du maoïsme. Le col Mao aujourd’hui reconnu par la mode comme un symbole d’élégance est pourtant à l’origine l’uniforme que dut porter la population chinoise pendant le règne de Mao Zetong, uniformes visant à écraser la personnalité de l’individu au profit de la masse selon les idées communistes. Par la simple utilisation d’un habit commun, on atteint ici la liberté d’expression car cet uniforme représente un idéal totalitaire. Dans ce cas repprocher voir empêcher l’expression du goût devient une dangereuse arme qui nuit aux droits fondamentaux de l’homme.
    En matière d’art, la peinture dite académique est aussi dans un sens une atteinte à la liberté d’expression. Pensons au mouvement impressionniste: Fin 17ème , début 18ème, l’art devient un marché véritable ou les artistes ne sont plus au service de quelques princes et où ils doivent donc trouver des acheteurs pour vivre. Paris est alors la référence des amateurs d’art. S’y trouve un salon où sont exposés parfois plus de 4000 œuvres, elle sont jugées par un jury d’artistes qui peuvent refuser les tableaux qui ne correspondent pas au style établi, ces œuvres sous titrées d’un panneau «*refusé*»se vendent rarement. C’est pour cela que des peintres comme Monet ou Cézanne créent le salon des refusés, afin d’exprimer leur art et leur liberté. Le scandale du salon des refusés leur permettra de changer le cours de l’histoire de l’art. Ce qui était donc considéré comme une faute de goût a triomphé et est devenu un courant notoire aujourd’hui.
    Ici avoir reproché aux impressionnistes de faire une faute de goût aurait pu changer le cours de l’histoire de l’art. Cependant, cela leur a plutôt permis de se différencier encore plus de l’art académique et d’en triompher. Cependant, Exprimer sa liberté, c’est bien mais dans la société actuelle, on peut se demander si on ne va pas trop loin dans cette expression.

    Prenons le «*tout est art*»: G. Lipovetsky dans l’ère du vide nous dit que «*l’art moderne assimile progressivement tous les sujets et matériaux*». C’est un processus de désublimation, on enlève à l’art son côté sacré. Ce processus peut être représenté par le courant surréaliste, appelé par Lipovetsky la «*révolte*» surréaliste. Ce courant explore de nouveaux thèmes comme la psychanalyse, l’inconscient, le merveilleux en utilisant des méthodes nouvelles comme le cadavre exquis où chaque personne écrit un élément d’une phrase en le cachant aux autres ce qui donne des phrases complètement incohérentes mais parfois très poétiques, on expérimente donc de nouvelles voies pour l’art qui ne nécessitent pas uniquement une certaine habileté. Seulement aujourd’hui ce processus de «*tout est art*» pose parfois problème. En effet, selon le professeur d’histoire de l’art mr McEvilley, «*c’est de l’art si c’est nommé art, si on écrit dessus dans les magazines d’art, si c’est montré dans un musée ou acheté par un collectionneur privé.*» c’est ainsi qu’on faisait la queue au Trapholt Art Museum de Kolding au Danemark pour y voir une installation « interactive » composée de dix poissons rouges nageant dans dix malaxeurs électriques différents. Les visiteurs de l'exposition étaient invités à appuyer sur les boutons « on » s'ils en avaient envie... Sept poissons se sont fait « malaxer » avant que des groupes de défense des animaux interviennent et que la police ordonne le débranchement de tous les appareils. nous sommes devenus ls maîtres de la vie et de la mort d‘une nouvelle manière»(4), a déclaré Peter Meyer, le directeur du musée.
    Ceci est un exemple assez frappant, bien sur tous les artistes actuels ne s’amusent pas à jouer avec la vie et la mort de poissons rouges cependant Ce processus est -il le signe d’une ouverture d’esprit, d’un renouveau de la société ou bien nous entraîne t-il vers la démagogie, vers une culture ou tout se vaut et où le mauvais goût ne peut subir aucun reproche tant qu’il est désigné comme étant de l’art?


    Nous avons exploré ici plusieurs facettes qui déterminent la notion de goût: le goût semblerait donc éducable et donc on pourrait repprocher une faute de goût cependant il ne faut pas oublier qu’exprimer son goût est une liberté d’expression et que donc finalement nous ne pourrions pas reprocher une faute de goût. Pour nuancer ceci nous avons dans un dernier temps montré que «*l*‘art total*» pouvait être dans certains cas la limite à ne pas franchir en matière de goût. comme le classicisme rigoureux à répondu au baroque fantaisiste , On peut supposer que dans les années à venir, de nouveaux courants littéraires et artistiques apparaîtront afin de canaliser le processus d’art total.
    Dernière modification par daphnie 16/03/2005 à 19h16

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